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Socrate et les garçons

Lire Garcia Marquez en écoutant le chant des oiseaux, caressé par un rayon de soleil. Il y a condition plus rude en ces temps de confinement. Une bonne bibliothèque, une cave approvisionnée, le plaisir discret de bénéficier d’un mode de vie fonctionnant paisiblement en autarcie, nous serions malvenus de nous plaindre dans notre campagne. Mais le véritable plaisir est ailleurs, il est de voir l’un de ses fils ouvrir un bouquin de philosophie après avoir bêché un carré de jardin, d’entendre son frère suivre sa leçon de russe au coin du feu, de composer ensemble les menus, de mener tous les trois une vie de vieux garçons hirsutes et déliés.

Les garçons ont peine à me croire quand je leur dis que nous vivons un moment de bascule, tant ils se considèrent en vacances, libérés de la plupart de leurs contraintes habituelles. Je leur pardonne volontiers, d’autant que ce moment suspendu leur est précieux, l’air de rien, pour se poser avant de chercher leur place dans le monde qui s’annonce. Hier soir belle conversation autour de l’idée de penser contre soi. Sans doute parce que j’avais repris la lecture de Cioran, un bon moteur pour ce genre d’exercice.

Globalement il sont plus gauchistes que je ne le suis, devenant légitimiste avec le temps, dans la foulée de Montaigne. Ils évitent toutefois les procès d’intention qui fleurissent ici et là à l’égard du pouvoir. Pauvre pouvoir, dont les atermoiements ne sont guère que la traduction des contradictions d’un peuple qui ne cesse de déplacer le curseur entre liberté et sécurité au gré de ses désirs et de ses angoisses. Bon exercice également que de débattre autour de ces questions. La liberté est elle de droite quand la sécurité serait de gauche ? “La droite c’est démerdez-vous, la gauche, c’est démerdez-nous” disait l’autre. J’aime bien les inciter à penser contre eux. Tout en laissant mûrir leur réflexion.

Mais ce qui me ravit le plus dans les moments que nous vivons, c’est que ces jeunes gens vont enfin pouvoir s’extraire de la situation sans issue dans laquelle semblait s’engouffrer leur génération, prisonniers d’une société courant à son auto-destruction. Ce virus est loin d’avoir dit son dernier mot et va contraindre ce monde à revisiter ses priorités, à reconsidérer son rapport à la nature, à la consommation, à la technique, à la “vie bonne” tout simplement. Ils vont être en première ligne pour imaginer cette mutation, en devenir les acteurs, les promoteurs. Et il y a du pain sur la planche. Commencer par bêcher un carré de jardin et se frotter à la maïeutique de Socrate n’est pas le plus mauvais début.

Bonne semaine.

La jolie crevette et le méchant virus

Clamdigger Edward Hopper

« Il a plu à Dieu de nous visiter par la maladie contagieuse » déclarait Claude Brossard de la Trocardière, maire de Nantes, au lendemain de la terrible épidémie de peste qui avait dévasté la ville en 1583. On jouait alors profil bas devant ce qui avait tout l’air d’un message divin, dont on cherchait vainement la signification.

Aujourd’hui peu nombreux sont les croyants qui avancent l’hypothèse d’un message des dieux. Même Allah ne fait pas le fier. En revanche, que l’épidémie en cours – qui reste pour l’heure un épiphénomène au regard des pandémies passées – puisse s’interpréter comme un message de la nature, peut mériter un peu d’attention.

Il y a un petit côté darwinien dans cette flambée virale qui s’attaque à l’espèce humaine. Selon Darwin une espèce elle-même ne s’autorégule pas (excepté par l’épuisement de ses ressources), mais la nature s’en charge grâce à un savant équilibre entre proies et prédateurs. Que le fautif soit ici un organisme microscopique ne change rien à l’affaire. L’humanité est confrontée à un prédateur plus malin qu’elle. 

L’alerte est en peu surjouée par les responsables (encore que, restons prudent) mais elle a la vertu de jeter une lumière crue sur notre présumée maitrise de l’adversité. Le danger vient rarement de l’endroit où on l’attend. L’humanité était mobilisée contre le réchauffement climatique, la voilà prise de court par une agression virale. Et ce malin virus va en faire plus en quelques semaines que toutes les campagnes d’opinion de la terre. On apprend ainsi que ce ne sont pas seulement nos téléphones portables et nos machines à laver qui sont fabriqués en Chine, mais aussi les principes actifs de nos médicaments et nos outils de prophylaxie. C’est benêt, voire très très con. 

L’heure n’est pas au procès, ce n’est pas en pleine bataille que l’on règle ses comptes et les procureurs du moment seraient bien inspirés d’attendre un peu avant de distribuer les anathèmes. Mais on ose espérer que cette alerte va nous inviter à sérieusement réfléchir. A cette folie furieuse, par exemple, qui conduit à envoyer les crevettes hollandaises au Maroc pour être décortiquées par de petites mains avant de revenir dans nos assiettes, mettant sur la route des norias de camions imbéciles. 

Cette folie furieuse qui veut qu’au nom du « pouvoir d’achat » la part de notre budget d’alimentation ne cesse de baisser (40% en 1950, moins de 20% en 2020) au détriment de la susdite nature, de la qualité des produits et de toute la chaine de production, agriculteurs en première ligne. L’idée n’est pas de décliner les exemples à l’infini mais ce malin virus est en train de nous dire des choses. Plein de choses. 

Qu’il y a aussi un rapport intime entre l’espace et le temps. Le temps ne s’écoule pas de la même façon ces jours-ci entre un appartement parisien grand comme un placard à balai et une maison ouverte sur la campagne, où l’on profite des premiers jours de printemps pour jardiner. Etourdis par le mouvement, par la frénésie urbaine, certains d’entre nous n’ont pas mesuré à quel point leur environnement pouvait être, au premier dérèglement, carcéral. 

Il n’est pas encore temps de remercier ce malin virus. Mais on peut, à tout le moins, essayer d’écouter ce qu’il nous dit à bas bruit. Nous avons un peu de temps. 

Sur la table de travail

photo ct La Roche-sur-Yon

Un mot à l’adresse des quelques familiers de l’atelier, qui doivent pour certains se demander ce que trafique le tenancier ces temps-ci vu l’incohérence apparente des dernières publications. De fait, je conduis simultanément plusieurs chantiers, qui n’ont pas grand chose en commun sinon que d’être ouverts sur la même machine à écrire. Le principal de ces chantiers, qui n’a pas été évoqué ici, est un ouvrage commandé par les éditions Actes Sud et qui occupe l’essentiel de mon temps. Un livre qui parlera de chantiers urbains et d’architectures mobiles. Si tout va bien, il paraîtra à la rentrée.

Dans le même temps, il me faut assurer la chronique locale de deux communes pour un grand quotidien de l’Ouest de la France, à la veille des élections municipales. Un travail qui relève autant de la diplomatie que de la rédaction proprement dite. Le rôle de chroniqueur local est beaucoup plus complexe et beaucoup plus exposé qu’il n’y paraît, d’où la publication récente de deux billets évoquant cette périlleuse activité (le maire, l’infirmière et le caillou et de la noblesse du chien écrasé). Il ne faut pas imaginer que les élus locaux sont moins chatouilleux que les élus nationaux. D’autant qu’on est appelé à les croiser en achetant son pain ou ses légumes.

A propos des municipales, pour celles et ceux qui s’intéressent aux espaces périurbains et aux questions d’intercommunalité, des enjeux trop peu mis en lumière par le scrutin municipal, la lecture du dernier ouvrage de Jean-Yves Martin, géographe, peut être une bonne idée. Jean-Yves Martin l’a présenté il y a quelques jours à la Maison du port de Lavau-sur-Loire. Contrairement aux apparences, ce n’est pas trop technique, et c’est un travail précieux pour mieux appréhender ces territoires qui ne sont plus tout à fait de la campagne mais pas tout à fait la ville, dont le mode de gouvernance est interrogé. C’est “un passage au scanner d’un espace géographique” situé entre deux villes, Nantes et Saint-Nazaire.

Ajoutons une contribution amicale à la communication de La Croisière de Pen Bron, un évènement annuel qui permet d’embarquer durant deux jours plus d’une centaine de personnes lourdement handicapées sur autant de voiliers entre La Turballe (44) et Arzal (56). Nous avons mis en ligne cette semaine une courte vidéo qui présente cet évènement singulier et magique. Il suffit de cliquer sur le bandeau du site.

Ces travaux, qui se conjuguent aux périls extérieurs dus à l’abondance des pluies, qui ne cessent pas en Loire-Inférieure, m’ont conduit à laisser reposer La tentation de Louise, laquelle ne sortira donc pas cette année. Mais nos amis n’ont pas le feu, ils ont tout leur temps depuis leur havre du XVIe, et je reprendrai leurs aventures le moment venu, vraisemblablement l’hiver prochain.

Voilà, voilà pour la table de travail. Bonne semaine à tous.

de la noblesse du chien écrasé

La condition de chroniqueur rural n’est pas toujours facile et l’on éprouve parfois quelques difficultés à expliquer les arbitrages qui conduisent à traiter ou à ne pas traiter tel ou tel sujet. Cela peut même confiner au malentendu. Plusieurs sources me font ainsi remonter une rumeur insistante, selon laquelle votre serviteur aurait affirmé ne pas se préoccuper des « chiens écrasés ». C’est à proprement parler un « mal entendu », qui laisse supposer par ailleurs une sorte de mépris pour les faits divers ou les faits de société. 

Ce contresens provient probablement de la déformation d’un autre choix, celui-ci totalement assumé, de ne pas traiter les informations miroir. En d’autre termes de ne pas relayer dans le journal le repas de l’amicale des joueur de fléchettes ou l’anniversaire de mariage de grand-maman. Ce type d’information, en jargon professionnel on dit une information miroir, n’a d’autre vertu que de permettre aux heureux élus de se mirer dans le journal, mais n’offre qu’une faible valeur ajoutée et n’apporte rien aux lectrices et aux lecteurs qui ne sont pas concernés.

En revanche, un simple chien écrasé ou une voiture qui brûle peuvent avoir un grand intérêt s’ils disent quelque chose du milieu dans lequel nous sommes, de l’espace public auquel ils participent A l’image de la vache communale dont le cuir a été lacéré une nuit par quelques jeunes gens désoeuvrés. Information qui n’avait pas été digne d’être communiquée au chroniqueur local. Or cette simple vache martyrisée dans la prairie qui jouxte l’école en dit beaucoup plus que de doctes déclarations sur les animations proposées à la jeunesse en milieu rural (je me permets ici ce commentaire, que je me suis gardé de relayer dans le journal, m’en tenant aux faits avérés). Au lecteur de se faire une idée. 

On peut comprendre que les associations, les institutions, aient envie que l’on évoque exclusivement les bonnes nouvelles, quitte à les parer d’habits de lumière, pour faire bonne figure dans le journal. Mais le rôle de la presse n’est pas uniquement, me semble-t-il, de chausser des lunettes roses. Il est de dire le réel, la vie comme elle va, avec ses bons et ses mauvais côtés. Comme l’installation par la mairie d’un caillou empêchant l’accès au cabinet infirmier, qui a provoqué la colère des institutions mais suscité le débat et permis d’envisager une solution. 

Le manuel du Castor Senior 2

Quand la femme, cet être supérieur apte à résoudre 99% des problèmes de vie quotidienne, vient à manquer, l’homme est bien souvent appelé à mettre en oeuvre des stratégies de contournement (merci Marmiton), qui aboutissent parfois à des trouvailles de génie, qu’il peut être tentant de partager. C’est l’idée qui m’est venue en observant le résultat spectaculaire du nettoyage de mon évier avec un produit hyper basique qui traînait sur les étagères (le percarbonate de soude). Frère célibataire ou solitaire, j’ai donc décidé de faire un pas de côté épisodique sur ce blog, pour une série irrégulomadaire que nous intitulerons le manuel du castor senior. Quelques trucs, trouvailles, dont la seule contrainte sera d’être écolos faute d’être orthodoxes

Le marc de café dans les tuyaux. C’est un vieux truc que m’avait confié mon copain Dom et que je mettais parfois en oeuvre, sans grande conviction. Vérification faite, c’est non seulement une excellente technique pour éviter de vider le marc dans le compost ou la poubelle, mais c’est aussi un moyen efficace d’entretenir les canalisations (le marc dissout les graisses). Cerise sur le gâteau, cette pratique chasse les éventuelles mauvaises odeurs dans l’évier. Tout bénéf.

Une lampe frontale pour lire au lit. Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Cette fois c’est mon copain JB, grand célibataire et donc grand débrouillard devant l’éternel, qui m’a soufflé cette idée de génie. Plutôt que se pencher pour attraper le faisceau lumineux de la lampe de chevet, il est beaucoup plus confortable de diriger le faisceau avec la tête, qui peut ainsi changer de position sans jamais quitter la page à éclairer. Il suffit d’ajuster l’angle de la lampe sur le front. De ces astuces simplissimes qui vous changent la vie.

Des bouchons trempés dans l’alcool à brûler pour allumer le feu. C’est une amie, Annie, qui m’a glissé cette idée toute bête : récupérer les bouchons de liège et les mettre à tremper dans un bocal rempli d’alcool à brûler. Ils s’imbibent doucement et font de parfaits allume-feu pour démarrer une flambée. Attention il faut penser à refaire le plein d’alcool régulièrement, l’alcool à brûler étant très volatile. Mon truc en plus, je place le bocal bien fermé la tête en bas pour que, lorsque l’on retourne le bocal, les bouchons du dessus soient bien imbibés.

Nous ajouterons, pour terminer, les peaux d’orange sur le poële – un truc de grand-mère trouvé dans un recueil de poésie – qui parfument la pièce et qui, une fois sèches, font merveille pour encourager le petit bois à s’enflammer.

L’infirmière, le maire et le caillou

Il était une fois, dans un village de Loire-Inférieure, une infirmière active comme une abeille, qui s’épuisait chaque jour à délivrer ses soins à tous les malades de la contrée. Elle prenait son auto pour faire un pansement à madame Fatiguée, une piqûre à monsieur Ronchon, revenait à sa ruche pour chercher une épingle, une pilule, repartait illico rassurer madame Inquiète et poser un cataplasme au petit Malingre.

Un matin, elle découvre un gros caillou qui empêche sa petite auto d’atteindre la ruche. Elle bourdonne de mécontentement. Mais que fait ce caillou ici ? Que me veut ce caillou ? Quelle étrange idée que d’interdire l’accès à la ruche avec un gros caillou. Et elle ressent cette apparition hostile et indestructible comme une offense idiote à l’intelligence et à sa nécessité d’aller et venir.

Le maire, depuis son château voisin, brasse paisiblement des papiers et des règlements. Il s’est convaincu que la route de la ruche n’était pas assez carrossable pour rester ouverte aux autos. Il a donc ordonné à son cantonnier de fermer cette rue. Comme on ferme une carrière. Un caillou et hop ! Pas vu, pas pris. Sans se demander si le remède pouvait être pire que le mal.

L’infirmière déboussolée appelle le gazettier du village et lui explique son courroux. Elle est désormais handicapée pour bouger, doit tracer son chemin dans un dédale hostile, ne comprend pas même l’idée de la présence de ce méchant caillou, inutile et grotesque. Le gazettier, qui aime les belles histoires, immortalise la caillou et prête sa plume à l’abeille.

Le sang du maire ne fait qu’un tour à la découverte du blasphème. Lui, ne pas prendre une bonne décision, vous plaisantez misérable ? C’est un métier monsieur. Trente ans de maison. Comment ce gazettier ose-t-il ? Nous allons lui apprendre. Et de dépêcher son majordome pour faire rendre gorge à ce paltoquet. Dans sa propre gazette.

Plutôt que de s’occuper du caillou, il passe donc son énergie à décortiquer l’affront, à lui prêter des intentions cachées et à jouer du tam-tam pour dénoncer le malfaisant. Le caillou, pendant ce temps, devient une vedette du village, bientôt un objet de culte. Il est même décoré. Et l’abeille découvre, touchée, que toutes les madames Fatiguée et les messieurs Ronchon du village lui témoignent leur soutien et leur affection.

Moralité : quand le scribe montre le caillou, le roi regarde le papier et… jette des pierres à l’impertinent.

La République des vieux

Télé exilée au grenier, radio éteinte, journaux nationaux expulsés des favoris, le bruit de la ville parvient malgré tout à pénétrer dans les interstices de ma campagne profonde. Ce qui m’attriste le plus ces derniers jours ce n’est pas qu’une poignée de corporations manifeste pour défendre un système inégalitaire mais que la plupart de mes « amis » hurlent comme un seul homme avec les loups, au mépris de l’évidence mathématique et de leurs propres enfants. 

En premier lieu, que les choses soient claires, je partage la position de la CFDT sur le conflit actuel. Et j’ai quelques raisons pour le faire. J’ai failli publier ma notification de retraite complémentaire de travailleur indépendant (10 ans d’activité, dont 6 ans comme bouquiniste). Elle se monte à 7,42€ brut mensuels, et 6,74€ net. Et puis j’ai renoncé, je ne souhaite pas faire de provocation. Je relèverai juste au passage que les bouquinistes sont, à mes yeux, les aristocrates des temps modernes, qui vivent avec 5 ou 600 € par mois, et qui ne se plaignent jamais. Ils se contentent d’être empêchés de bosser pendant les fêtes, le moment le plus important de l’année.

Mais la question n’est pas là. Si je comprends que chacun défende son bout de gras, je reste désarmé devant des gens qui soutiennent à la fois un système par répartition et refusent de partager.  Entendons-nous, il n’est pas question du budget de l’état mais des caisses de retraite. Une enveloppe fermée abondée par les actifs. Comment peut-on défendre le statu quo quand on sait que le système a été mis en place quand il y avait quatre actifs pour un retraité et que la retraite durait en moyenne dix ans (rappelons que la retraite se prenait à 65 ans pour une espérance de vie de 75). Aujourd’hui il y a 1,7 actifs pour un retraité, pour une retraite qui dure en moyenne 25 ans. Comment ne pas mesurer que ce sont les jeunes qui vont trinquer si le système reste en l’état. 

Chacun fait ses choix certes, et je ne me plains pas de ma modeste pension (dont je vous épargnerai le montant total) parce que j’ai choisi la liberté plutôt que la sécurité. J’assume. Mais honnêtement je ne comprends pas que l’on paralyse le seul pays au monde (c’est à vérifier mais il me semble que c’est le cas) où les retraités ont un niveau de vie moyen supérieur à la population active. Un pays où les paysans et les perdants du système sont renvoyés à leur misère sans état d’âme aucun. “La France, ce paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”, résume fort bien Sylvain Tesson.

Je vais évidemment m’attirer les foudres de mes amis révolutionnaires – qui nous préparent la bouche en cœur une douloureuse réaction – et peut-être même un redoutable conflit de générations, mais ce n’est pas très grave. Ce sera peut-être l’occasion de quitter sans regret quelque réseau dégoulinant chaque matin de bons sentiments, ce qui ne coûte pas très cher.

Je vous embrasse

Philippe