11 réflexions sur « Le monde comme il va »

  1. Court

    Oui, la culture avant les larmes de service, et les réseaux qui, dans l’ombre, en toute irresponsabilité, ne poussent qu’à augmenter le fardeau des inintégrables à cette civilisation.
    Car pour quelques uns qui en accepteront les règles, combien sont dignes d’y entrer?
    Envie très forte de rétablir la Nation dans ses droits, notamment ses frontières;, et pourquoi pas, ses camps de réfugiés modèle 1936.
    Se souvenir du Père Hugo, dans Les Misérables. écrivant à Vacquerie au sujet de son récit de Waterloo.
    “Je dis son fait à Napoléon, durement meme, mais je regagne la bataille. Faut-il s’obstiner à la perdre comme Charras et Quinet? Quelle faute pour un parti de se dénationaliser! Cette faute-là je ne la ferai jamais;”
    Qui rejoint De Gaulle: “On ne perd jamais rien à parler de la France” et, “Un etat digne de ce nom n’a pas d’amis”.
    A fortiori, de lobbys lui dictant ce qu’il faut penser. Je ne puis qu’inviter à relire le Testament Politique de Richelieu en ces temps de douleur et de médiocrité.
    MC

  2. p.

    Sur le site des Editions de l’Ecole française de Rome, réédition de l’ouvrage “Grandes villes méditerranéennes du monde musulman médiéval”. En face du livre, cliquer sur” Introduction” (toutes mes tentatives pour copier/coller le lien du pdf de 11pages sur lequel on atterrit ont été infructueuses. Je suis vraiment désolée.) On peut même aller directement à la p. 5 qui donne la Préface intégralement, dont certains passages, j’en suis sûre, ne manqueront pas d’intéresser la curiosité de notre hôte sur les questions d’urbanisme ou d’histoire urbaine en général. Tout cela pour la période “médiévale”, les guillemets pour rendre compte du déséquilibre entre ce seul mot et la longévité qu’il représente. Où il est question de populations, de religions, de commerce, de culture, d’organisation, de plans….. d’économie.
    Certes, cela sent les spécialistes de haut vol, mais d’une lecture en diagonale de ces quelques pages, on retire, je retire, comme une frustration de ne pouvoir sinon maîtriser, du moins mieux connaître une bonne partie de tout cela qui, certainement, éclairerait pour en saisir la complexité -sans tout comprendre, justement, justement! de notre actualité.

  3. Philippe Auteur de l’article

    Oui mais là tu nous emmènes loin. C’est évidemment le cadre de l’Etat-Nation qui n’est pas adapté au contexte. Cadre que nous avons généreusement exporté, rappelons-le, puisque l’architecture institutionnelle de la Syrie est Française depuis le protectorat.
    Mais comme la communauté internationale s’appuie sur les Etats-Nations, et que c’est elle qui fait la police, on n’est pas sorti de l’auberge. Certains prédisent une guerre de trente ans. Je vote pour le demi-siècle, à mon grand dam naturellement.

  4. marie

    Et que feras-tu des Alaouites, des Druzes, des Chiites de tout bord et même de ceux parmi les Sunnites qui ne sont pas encore suffisamment bons musulmans aux yeux de l’EI ? Et des athées ? Il en reste certes ailleurs dans le monde, mais je ne suis pas sûre que ça rende plus acceptable leur interdiction dans cette région.
    Pas facile, quand on commence à hiérarchiser …

  5. Philippe Auteur de l’article

    J’étais conscient, Marie, de l’ambiguité du propos en écrivant ces lignes. Il ne s’agit évidemment pas de hiérarchiser la compassion. Chaque vie humaine est, en soi, inestimable. Mais il me semble qu’on plonge dans une autre dimension quand il est question d’exterminer une communauté entière, de la faire disparaître, en raison de son appartenance ethnique ou religieuse, et j’inclus volontiers les Yezidis d’Irak dans ce tableau.

  6. p.

    Je peux?
    J’entends bien Marie, ce que vous voulez dire. Mais je parierai bien aussi sur la réponse de Philippe. Attendons.
    En revanche, le culturel, le spirituel et l’humain ne sont pas séparables, bien sûr! C’est dans l’humain, et l’humain seul que se présentent, s’élaborent tout en se diversifiant, et le culturel et le spirituel. Aussi, une religion n’est pas seulement faite de foi, mais de préceptes, de dogmes, de pratiques et de législations bien spécifiques, sans oublier sa dimension hautement artistique. C’est pourquoi, à mon sens, tout ce qui se prétend “religieux” mais inscrit dans ses actes et ses “commandements” (au sens des dix commandements) de massacrer d’autres humains et avec eux tout ce qui leur ressemble (réalisations spirituelles et culturelles de leur foi) et tout ceux qui obéissent à de telles injonctions nient l’humanité des autres hommes, ce n’est pas, bien sûr, une question de vêtements. Mais c’est bien une question liée à la croyance (dont on sait le cousinage avec la superstition, c’est pourquoi je préfèrerai toujours le mot de “foi” pour parler de l’attachement désintéressé que l’on peut avoir à une entité divine au point d’y coefficienter toute son existence), Marie. Et pour ma part, je ne sais pas si je hiérarchise ou pas, mais il y a des croyances (ou des moments dans l’histoire des croyances religieuses, je n’absous pas le christianisme….) qui instituent la négation et l’obligation de la destruction et de l’éradication de tout ceux qui ne partagent pas ce qu’ils osent appeler leur foi. C’est cela qui est intolérable. En tout cas pour moi. Nous ne pouvons pas être en désaccord là-dessus.
    Restent maintenant les questions politiques, stratégiques, alors là, mesdames et messieurs qui nous gouvernez, bon courage!
    (il y eut avant et au début de la seconde guerre mondiale, 30 millions d’êtres humains déplacés en Europe… . Je me souviens de ce mot terrible que ma mère, lorraine (fille d’immigrés italiens pour le coup) répétait dans ses très rares évocations d’une adolescence marquée par ce conflit : l’exode! Des files et files de civils, familles entières sur les routes de France, depuis l’Est -Alsace et Lorraine- essentiellement qui fuyaient, fuyaient, fuyaient, avec leurs baluchons et leurs solitudes en nombre. Qu’ils se soient maintenus à l’intérieur des frontières nationales n’en rendent que plus effrayantes ces litanies de population qui arrivent là, juste pour échapper à la mort. Juste pour vivre.

  7. marie

    Je suis évidemment d’accord, Philippe, c’est intolérable. Mais le patrimoine de l’humanité est-il culturel avant d’être humain ? Et s’il doit être spirituel, au nom de quoi hiérarchiser les religions ? Pourquoi s’inquiéter davantage de la disparition des chrétiens de Syrie que de l’extermination des Yézidis d’Irak, par exemple ? Notre compassion et notre attention aux autres ne tiendra pas, je l’espère, à la couleur de leurs vêtements, de leurs cheveux ou de leurs croyances, et nous apprendrons de chacun de quoi est fait notre fameux “patrimoine à tous”.

  8. p.

    « En fait, paradoxalement, le monde de l’image est dominé par les mots. La photo n’est rien sans la légende qui dit ce qu’il faut lire – legendum – (…). Nommer, on le sait, c’est faire voir, c’est créer, porter à l’existence. Et les mots peuvent faire des ravages : islam, islamique, islamiste (…) Il m’arrive d’avoir envie de reprendre chaque mot des présentateurs qui parlent souvent à la légère sans avoir la moindre idée de la difficulté et de la gravité de ce qu’ils évoquent et des responsabilités qu’ils encourent en les évoquant, devant des milliers de téléspectateurs, sans les comprendre et sans comprendre qu’ils ne les comprennent pas. Parce que ces mots font des choses, créent des fantasmes, des peurs, des phobies ou, simplement, des représentations fausses. »
    Bourdieu, 1998, Sur la télévision.
    Et ce n’est pas parce que c’est Bourdieu qui le dit que c’est vrai, je ne donne pas systématiquement dans la bourdieuserie, c’est parce que ayant dit cela, l’auteur de ces lignes (peu importe qui) dit quelque chose d’important, qui mérite d’être redit, relu, revu. C’est l’écho de ce que je voulais dire plus haut, en dénonçant ce matraquage sémantique de la “crise migratoire”. Et c’est par le hasard (orienté) de mes déambulations journalistiques du matin que cet extrait d’un texte d’il y a 17 ans est passé par là.

  9. p.

    Je me faisais tout à l’heure la même remarque sur le nombre de réfugiés et le nombre de communes en France. Et comme il y a de nombreuses familles, donc des personnes inséparables, moins d’une commune française pourrait prendre en charge au moins une famille de réfugiés!
    [Entendu Dupont-Aignan ce soir, mais que peut-on attendre d’un mec pareil! sinon de dire devant une caméra ce que d’autres se disent à l’arrêt de bus, donc, le chantre de la défense de la France éternelle criait à l’invasion incontrôlable sous peu….]

  10. Philippe Auteur de l’article

    Non, non, ce n’est pas une invitation à se taire. Je vais peut-être changer le titre. Le monde comme il va est peut-être une meilleure idée.
    Entendu ce soir que la France acceptait du bout des lèvres 24 000 réfugiés sur deux ans (pour 36 000 communes rappelons-le). Pas facile d’être au rendez-vous de l’Histoire. C’est invraisemblable à quel point le Monde s’est embringué dans cette pétaudière (merci les Américains).
    Certaines esprits mal tournés iraient jusqu’à dire que c’est un cadeau de Poutine pour remercier les européens de leurs sanctions.
    C’est forcément compliqué. Mais c’est insoutenable pour les chrétiens de Syrie. C’est absolument dégueulasse ce qui se passe : l’éradication de la première communauté chrétienne de l’Histoire. C’est pire que Palmyre. C’est en Syrie que se trouvait la dernière communauté où l’on parlait chaldéen, la langue du Christ. Qu’est-elle devenue.
    Je ne suis pas très catholique comme catholique, masi là il est question de notre patrimoine à tous.

  11. p.

    “No comment” : peut être une invitation à se taire, ou une invitation au silence, ce qui n’est pas la même chose, ou une invitation à ne pas dire n’importe quoi. Ce qui va être plus difficile. Mais, juste une petite remarque sémantique qui en dit long, enfin selon moi.
    La photo est correctement légendée avec le mot “réfugiés” .
    Je n’en peux plus de l’expression “la crise des migrants” prononcée par multiples de 10 sur les ondes!
    Ce n’est pas une crise migratoire à laquelle nous assistons, mais un exode massif, un déplacement de la population d’une partie du monde vers une autre partie du monde….
    Ça arrange qui de ne pas prendre soin du mot qui nomme avec justesse, et de lui préférer celui qui déforme? et, bien sûr qui divise?

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