Nddl : Paris et le désert nantais

L’armature urbaine de l’Hexagone était, à la fin du XVIIIe, comparable à celle des autres pays européens, composée de grandes villes, lieux d’échanges, places de marché ou grands ports. Lyon pesait plus lourd que Barcelone, En 1800, Nantes était plus peuplée que Rotterdam ou Munich.* L’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont aujourd’hui conservé de grandes villes, qui se sont logiquement développées avec le temps, sans pour autant faire d’ombre à leur capitale.

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Les premiers échanges avec la Chine ont débuté à Nantes en 1700. Affiche de l’expo du musée du Château des ducs.

Le centralisme, initié par la monarchie, conforté par la Révolution française et consolidé par la révolution des transports, a bouleversé cet équilibre en France, laissant des villes « de province » atrophiées. Certaines cités ont même été punies par Paris, Lyon privée d’un véritable département, ou Nantes privée d’université (fermée de 1793 à 1962) pour cause de rébellion envers le pouvoir central**. Les réseaux ferroviaires et routiers participent de l’étrange cartographie en étoile qui s’est dessinée au fil du temps, qui fait que pour aller de Nantes à Lyon en train, il faut encore aujourd’hui passer par Paris.

Ce centralisme outrancier qui produit des distorsions remarquables à l’égard des provinciaux (il fut en temps, pas si lointain, où 90% du budget du ministère de la culture était dépensé dans une aire desservie par un ticket de métro), a produit un pays hydrocéphale, qui ne sait plus réfléchir en termes d’équilibre bien compris. L’exemple des médias est de ce point de vue intéressant à observer. Les journaux parisiens, dits nationaux, ne pèsent pas grand-chose en termes de diffusion, mais disposent d’une remarquable chambre d’écho grâce à la centralisation des agences et des médias audiovisuels à Paris.

Pour en venir à notre sujet, il n’est pas foncièrement surprenant que les médias parisiens aient pris fait et cause contre le déplacement de l’aéroport de Nantes. Il y a tout d’abord une projection bucolique sur l’espace rural, (même si, notons-le au passage, la plupart d’entre eux ont bien du mal à comprendre la crise de l’élevage), et la vision caricaturale du village gaulois contre l’Empire du mal. Un conte facile à dérouler, à suivre, avec des gentils et des méchants. Mais il y a surtout, me semble-t-il, une condescendance inconsciente à l’égard de la province, qui fait bien de rester où elle est, réserve naturelle et lieu de villégiature.

Pourquoi les Nantais voudraient-ils un aéroport correctement dimensionné, alors qu’il est si simple de venir à Paris ? Les écologistes avaient bien compris cette nécessité d’équilibrer les trafics, pour qu’un ingénieur allemand puisse accéder en une heure à Nantes ou un chercheur espagnol éviter une correspondance à Charles-de-Gaulle, au bilan carbone redoutable. Dominique Voynet, quand elle était ministre, s’était d’ailleurs prononcée pour le projet : Vous serez d’accord avec moi pour reconnaître que nous avons un effort particulier à réaliser en faveur du rééquilibrage de la localisation des équipements vers l’ouest de notre pays. C’est pourquoi il a semblé nécessaire, compte tenu des nuisances qui pesaient sur les habitants de Nantes, de déplacer l’aéroport actuel sur le nouveau site de Notre-Dame-des-Landes, à une douzaine de kilomètres au nord de la ville.

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La répartition du trafic aérien en 2013

Depuis, par un curieux changement de posture, pour des raisons d’opportunité médiatique et politique, s’appuyant sur la pression des éleveurs de la Confédération paysanne, et jouant avec le romantisme de certains défenseurs de l’environnement (de bonne foi), les écologistes ont opéré un virage à 180°. Ce qui ne les honore pas mais c’est ainsi. La Confédération paysanne a dans cette affaire des intérêts beaucoup plus clairs (il sera intéressant un jour ou l’autre de décrypter le bras de fer qui se joue en sous-main entre la Conf et le gouvernement). Mais le plus étonnant est que les rebelles du jour, qui se sont auto-intoxiqués en croyant s’opposer au pouvoir central, se sont mis au service du centralisme historique. En ce sens il y a un côté réactionnaire, au sens premier du terme, dans cette lutte.

Il est vraisemblable que ce pouvoir central, qui n’a pas grand-chose à faire de Nantes, finira par choisir de développer un peu plus les plates-formes parisiennes. En contradiction avec le bon sens le plus élémentaire et au détriment de cette chère province, qui ne comprend décidément rien à rien, et sort les fourches dès que l’on veut déplacer une clôture.

Ainsi soit-il.

*voir l’excellent blog de Michel François “Les ravages urbains de la centralisation française”.

** l’argument est contesté. Une chose est sûre, l’université a été fermée en août 1793 par décret de la Convention, à l’exception de la faculté de médecine, où oeuvrait Guillaume-François Laënnec.

 

16 réflexions sur « Nddl : Paris et le désert nantais »

  1. Marc Chatellier

    Cher Philippe,
    Toute l’histoire des mégalopoles le montre…Le mythe de la circulation pour aspirer à l’ubiquité..;
    Je ne doute pas qu’à tes heures perdues, tu aies lu Paul Virillo…

    “L’homme a changé son rapport au temps. Il est passé d’un temps local et historique à un temps instantané et mondial. Cela a forcément changé son rapport au monde et réduit peu à peu sa conception du monde au Rien ! Le monde se réduit dans la contraction du temps. À côté de l’écologie verte, de la pollution des substances, il y a une pollution des distances (à comprendre dans le sens du rapport aux choses). Les distances se réduisent d’autant que les phénomènes s’accélèrent et cela aboutit inévitablement à une saturation. La base de la richesse passée a été d’amasser, que cela soit un capital, comme l’or à Fort Knox, ou que cela soit en matière d’urbanisme comme les hommes dans les villes. Tout s’est agrandi par le phénomène d’accélération. On veut tout et tout de suite : cette exigence relève de l’ordre du divin ! On a fait sauter le mur de Wall Street, parce que le trader traditionnel est dépassé. La finance ne repose plus sur des références humaines. C’est un temps qui est devenu automatique, instantané et mondial et que seuls les logiciels peuvent contrôler, non plus le mathématicien. Aucun esprit humain n’est capable d’une telle analyse. On est en train de vivre l’accélération de la réalité : aujourd’hui, nous vivons dans l’ère des nano-technologies, des nano-secondes, des pico-secondes… Un temps qui est en passe de nous échapper totalement. Mais l’homme ne vit pas au milliardième de seconde. Déjà, l’instantanéité le dépasse, car il a besoin de temps pour comprendre, pour réfléchir, pour dessiner…”
    Paul Virrillo, Ville Panique, Galillée, 2003

  2. Philippe Auteur de l’article

    Mais je l’ai lu chère Sandrine. Que le direction de l’environnement défende la présence d’un aéroport jouxtant une zone Natura 2000 me fait sourire. On pourrait aisément retourner l’argument pour NDDL, une zone beaucoup moins fragile.
    Vous confondez aménagement urbain, piloté par la puissance publique et projets privés. Ce n’est pas Vinci qui souhaite urbaniser le sud-ouest de l’agglomération, c’est Nantes Métropole, nuance (voir la question du danger de l’étalement urbain, évoquée plus haut). et cela ne concerne pas le lac de Grandlieu (au sud) mais la zone de bruit au nord de l’aéroport, qui s’étend jusqu’à l’île de Nantes et qui risque d’empêcher la construction du CHU, lequel, en l’état, se trouverait pile sur la trajectoire des avions.
    Mais je ne vais pas passer ma journée à batailler contre des idées reçues, manifestement bien ancrées dans les têtes. Une surprise (bonne ?) ce billet connait un regain d’intérêt depuis hier (près de 600 consultations hier ! du jamais vu). Et, outre les commentaires, je reçois des témoignages touchants me remerciant de donner une voix aux personnes qui subissent les nuisances mais qui n’ont pas de possibilité de l’exprimer.
    Un exemple : “Habitant à Saint-Aignan de Grand Lieu, nous avons pu suivre les événements et nous sommes complètement écœurés. Pour apporter notre contribution au débat, nous recensons les écoles qui subissent actuellement les nuisances de NA….Enfants en souffrance, enfants en danger. Ce sont des milliers… Jusqu’à quand?”
    C’est pour ces gens, qui n’osent pas témoigner à visage découvert de peur de représailles, que le referendum annoncé est important. Espérons qu’il pourra avoir lieu.

  3. Sandrine Coletta

    Cher Philippe,

    Je vous invite à lire le dernier “Canard Enchaîné ” paru en ce mercredi 17 février.
    De bons arguments contre NDDL y sont développés…
    Vouloir déplacer un aéroport et le remplacer par une urbanisation dense comme il est prévu par Vinci, serait encore plus nocif pour l’environnement. Orienter correctement la piste de NA serait moins coûteux à tous points de vue et permettrait de réduire en outre les nuisances sonores.
    Ce qui me choque c’est que vous n’évoquez pas les visées basses et cupides de Vinci qui va bétonner et surtout construire de jolis parkings plein de gentilles voitures qui ne polluent pas c’est bien connu).
    Bonne journée

  4. Philippe Auteur de l’article

    Deux mots, cher Marc. Ne me dis pas que Nantes s’achemine vers une métropole anonyme, ce serait mesquin. Assez d’accord avec la rétractation inquiétante des services publics dans les bleds (je peux en témoigner). En revanche, tu t’en doutes, pas la même approche sur la ville (le local). Il me semble qu’il faut une université qui tienne debout, de la recherche, du frottement, de la création… Il faut que les gens circulent facilement et ne soient pas contraints, une fois sur deux, de passer par Paris.
    Mais bon, je n’ai pas l’intention de te convaincre.
    Sympa d’être passé.

  5. Marc Chatellier

    Cher Philippe,
    Vouloir essayer de comprendre de façon critique les enjeux d’un débat qui tourne à la bipolarisation est toujours la preuve d’un soucis dialectique constructif. Il reste que tes arguments ne sont pas de même niveau me semble-t-il. Quelques exemples :
    – convenir de l’héritage désertifiant du centralisme jacobin en 2016, ne se pose pas uniquement en termes de déplacements et/ou circulation (des êtres des idées ou des marchandises), pensés de manière locale. En d’autres termes ce qu’une collectivité locale doit promouvoir (au nom d’une partie des pouvoirs qui lui on été été conférés pars les lois de 1982 et 1992) doit à mon sens davantage participer au sentiment d’un espace public commun, plutôt qu’ à celui de l’illusion de ressembler enfin à l’anonymat des mégalopoles du flux ininterrompu. (cf quel intérêt de ta carte en ce domaine?)
    – Les pourcentages du flux (commercial, professionnel, touristiques) répartis par zone d’un territoire donné sont-ils les signes d’une désertification et d’un appauvrissement ? La dépendance au centralisme est-elle dans ce que mesurent les statiques d’économétrie ? Où plutôt dans le fait qu’avec une telle logique ce sont les véritables services publics de proximités qui trinquent ? De ce point de vue, il est tout à fait paradoxal qu’un tel projet inter-Régions (Pays de Loire et Bretagne) ait besoin de l’assentiment de l’Etat et de l’Europe, pour trouver tous ses financements. L’apparente autonomie locale n’est donc qu’un leurre ?
    – L’autonomie locale (en terme de déplacement et de circulation) est-elle à visée dune déconstruction du centralisme rigide; Où derrière l’illusion du local, ne va-t-on pas encore une fois reproduire la sempiternelle urbanisation intensive dont rêve le Capital (la grand métropole Nantes-Saint Nazaire…) ?
    – enfin (et indépendamment des logiques d’intérêts qui se trament au niveau de la CONF nationale), le renversement apparent des “Ecolos” (toute tendance confondues) participe plus me semble-t-il du processus de dévoilement suivant : “quand la Conf pense local, le système “parti Vert” pense lui central..” Le regretté Pierre Bourdieu nous le rappelait suffisamment :
    “Un énoncé performatif est voué à l’échec toutes les fois qu’il n’est pas prononcé par une personne ayant le « pouvoir » de le prononcer, ou, plus généralement, toutes les fois que « les personnes ou circonstances particulières » ne sont pas « celles qui conviennent pour qu’on puisse invoquer la procédure en question », bref toutes les fois que le locuteur n’a pas autorité pour émettre les mots qu’il énonce.”

    Bien à toi.
    Marc

  6. Philippe Auteur de l’article

    J’ai peur de m’être mal exprimé M. La question de l’étalement urbain est évidemment fondamentale. Un responsable de la chambre d’agriculture (alors tenue par la Confédération paysanne) m’avait expliqué que l’étalement urbain grignotait chaque année 2 000 ha par an sur le département. Essentiellement dû à la prolifération de lotissements dans la troisième couronne de Nantes, les communes pratiquant le dumping foncier, et les zones artisanales et commerciales.
    C’est la raison pour laquelle on encourage désormais la densification des zones urbaines et des bourgs, Nantes en premier lieu, dix fois moins dense que Paris (pas forcément de façon verticale, on sait faire maintenant). La présence d’un aéroport enserré dans le tissu urbain empêche cette densification sur tout le Sud-Ouest de l’agglo, et provoque donc mécaniquement un plus grand étalement urbain. Le maintien de cet aéroport, où il est situé, entraine le grignotage de milliers d’hectares de terres agricoles, mais de façon diffuse, dans les petites communes. Je ne sais pas si je suis clair. Au besoin, je peux y revenir parce que c’est capital dans le débat. L’aéroport c’est un effet de loupe uniquement, mais contre-productif à court terme.
    Les villes moyennes maintenant. vous avez raison, l’Ouest est truffé de villes moyennes, qui offrent une belle qualité de vie (je viens de là). Mais jetez un oeil sur la carte. Vous ne pouvez pas vous passer d’un vrai pôle, avec de la recherche, du frottement, de la création, où on vienne facilement. Mon troisième fiston est entré à l’université cette année (il y va en train). Il goûte la ville.
    Tout le monde n’est pas tenu de courir après les concentrations urbaines (j’habite à la campagne), mais c’est bien quand même d’avoir une vraie ville à portée.
    Et ça se réfléchit, ça se pense, au moins vingt ans à l’avance. Je ne sais pas si tous les opposants ont conscience du bordel qu’ils mettent dans l’aménagement de la région. Ca modifie tous les schémas routiers, ferroviaires, pour lesquels il faut acquérir les terrains des années à l’avance, réaliser les études. On va s’en prendre pour vingt ans et un paquet de thunes. C’est n’importe quoi. Et ça ne tient pas une seconde. C’est not in my backyard, c’est tout. Vendu aux médias, il est vrai, de façon magistrale. Ce sont de bons clients comme on dit.
    Chacun veut bien l’eau, l’électricité, le téléphone, internet, les routes, les trains et au besoin les avions, mais ne veut surtout pas de tuyau, de poteau, de câble ou d’antenne chez lui. Faut pas déconner.

    Le pays est bien équipé, ce n’est pas un drame, mais ce qui me chagrine c’est de voir toute cette énergie (et cette violence symbolique) gâchée dans un conte pour enfants. Il y a des choses plus importantes, à commencer par Calais.

  7. M

    Rare me vient l’idée de commenter, mais je trouve l’action pertinente ici.
    Déjà merci de l’analyse géographique qui à mon sens est trop souvent absente. Pourtant je ne vous suis pas dans cette dernière.

    Premièrement, même si le paysage urbain français est centralisé (personne ne le contredira), il est aussi paradoxalement diffus. La structure des villes moyennes et petites est particulièrement développé en France. Avec le propos sous-jacent de nécessité de développement des grande villes que vous portez, c’est la même inégalité centre – périphérie que vous proposez. Cette fois appliquée à la province.

    Donc deuxièmement, non l’extension urbaine de Nantes n’est pas souhaitable et c’est au pouvoir politique de densifier la ville déjà existante. Ce propos est valable pour Nantes, mais aussi pour n’importe quel village, et je dis bien village. L’argument de l’extension mécanique vers le Nord ne tient qu’avec un pouvoir politique sans considération pour ces problématiques.

    Troisièmement, je pense que vous devez vous mordre les doigts quand vous relisez votre commentaire disant que les 2000 ha de l’aéroport sont déjà bouffés chaque année. Bon alors premièrement ça fait une augmentation de 100% pour une année. Et deuxièmement c’est surement les 2000 ha que l’ont peut éviter le plus facilement. Le reste concernant des lotissement et zones commerciales. Vous voyez bien un porteur de projet dire “oui mais les 10 ha de mon lotissement c’est jamais que 5% de la consommation de terre agricole chaque année en LA”. Excusez moi mais on dirait un discours d’accro : “ouais c’est mon deuxième paquet de la journée, mais bon un ou deux, quelle différence ?”

    Quatrièmement, oui il s’agit de rééquilibrer. Et pourquoi pas de Nantes vers les aéroports du grand Ouest sous utilisés ? Alors oui dans les conditions actuelles du marché concurrentiel ne permettent pas de le faire. Et si nous imaginions ces conditions afin d’utiliser l’espace de manière plus efficace et plus égalitaire ?
    Je trouve la question bien plus stimulante que “s’opposer à NDDL est-il vecteur de centralisation”

    Enfin, je conclurai là dessus : Où trouver un intérêt au développement, sans fin, des villes ? [svp passez moi l’argument de la concurrence-visibilité internationale]

  8. Christian Clouet

    Merci Philippe.
    Enfin un peu de bon sens et d’écologie bien placé : il est tellement de bon ton d’être contre !
    Mais que dire du temps passé (perdu !) sur un tel projet ?
    A te relire.
    Xtian

  9. Philippe Auteur de l’article

    Je suis plutôt pour, Yves, et paradoxalement peut-être à vos yeux, pour des raisons environnementales. Outre l’argument exposé dans ce billet, outre le survol à basse altitude de la ville, deux raisons principales : la question de l’étalement urbain et la protection des zones humides.
    L’étalement urbain mange chaque année en Loire-Atlantique 2000 hectares de terres agricoles, soit un gros aéroport par an, mais de manière diffuse, ça ne se voit pas. Le maintien de NA bloque l’urbanisation sur le quart sud-ouest de l’agglo et provoque mécaniquement son étalement. Voir à ce propos mon billet : le méchant avion et la gentille voiture : http://philippedossal.fr/le-mechant-avion-et-la-gentille-voiture/#sthash.KH2tbRkO.dpbs
    Les zones humides ensuite. La création politique d’une zone humide à Nddl pour des raisons d’opportunisme militant (précisons que je réside dans le secteur depuis 20 ans), ne change rien à la carte des véritables zones sensibles sur la Loire-Atlantique, et en premier lieu celle du lac de Granlieu, située juste au bout de l’actuelle piste. http://philippedossal.fr/nddl-halte-au-racisme-envers-les-grenouilles-du-sud/#sthash.OzmMqPzU.dpbs. Entre les deux il n’y a évidemment pas photo.
    Et j’ai du mal à comprendre que cette zone soit complètement occultée dans le débat.
    Pour autant je n’en ferais pas cuire tout vif un opposant comme dirait Montaigne. Même si je suis intrigué par la disproportion entre l’enjeu et l’hystérie provoquée (cf le com de Camille).
    Disons que la dissymétrie du traitement des arguments des uns et des autres me chagrine et que j’essaie, modestement, de rétablir une certaine balance.

  10. Yves Le Guen

    Mais vous Philippe etes vous pour ou contre cet aéroport ?
    Votre analyse de l’atrophie des villes françaises est pertinente, d’ailleurs il n’y a pas que les villes qui soient atrophiées, les régions le sont aussi! Et vous croyez qu’un nouvel aéroport va régler le problème de Nantes ? Quelle amélioration amènera ce nouvel aéroport ? A part être à 20kms au nord ouest de la ville, gâcher 1500 hectares de terre, aucune liaison ferroviaire n’est prévue. Les problèmes de l’actuel peuvent être résolus à savoir le survol du centre ville et le bruit. Celui de Genève n’a qu’une seule piste également et accueille 15 millions de passagers ! A la limite il aurait fallu le faire entre Rennes et Nantes avec une liaison TGV entre les deux villes et une connexion avec l’ouest breton, la basse Normandie et le sud Loire comme le préconisaient le milieu économique mais c’est Paris qui décide! Sauf en cas de coup de sang…..

  11. Philippe Auteur de l’article

    Alexandre, je vous invite à lire le billet précédent sur la préservation de la biodiversité et à observer la carte des zones humides autour de l’estuaire de la Loire. Des tas de gens ont un avis sur la question, qui ne connaissent pas même le territoire.

    Camille, avons nous-gardé les grenouilles ensemble ? Auquel cas nous pourrions peut-être nous tutoyer. Votre vision manichéenne du monde est assez touchante mais met en lumière une certaine rigidité de pensée. Détendez-vous. On peut échanger calmement savez-vous. Qui vous dit que je suis ami avec la FNSEA ? Qui vous dit que les agriculteurs de la Confédération paysanne ne sont pas productivistes, qu’ils n’utilisent pas de pesticides par exemple, comme c’est le cas à NDLL. A ce propos vous me permettez d’apporter une précision, l’agriculteur qui se présente comme un gueux dans le dernier Monde dimanche, ne possède pas moins de 200 bovins et pèse 1,5 millions d’euros d’indemnités. Comment faites-vous pour entrer cette donnée dans les clous de votre pensée binaire ?

  12. Camille Kermelin

    et bien ta réflexion n’est pas bien profonde, mais nous on s’en fout pas mal des parisiens et des avionneurs, par contre la terre qui nous porte est une bonne mère et nous la respectons !
    Je soutiens les paysans de la conf qui ont certainement plus de jugeote que tes amis de la FNsea

  13. Alexandre Marin

    Il y a déjà un aéroport à Nantes. C’est l’inutilité de l’aéroport de Notre Dame des Landes, son coût, et ses risques pour la biodiversité qui sont en cause. Ce n’est pas une question de centralisme, c’est une question d’époque. Ce qui avait un sens dans les années 1970 n’en a plus.

    L’Espagne devrait nous servir d’exemple. Chaque communauté autonome voulait son ou ses aéroports, pour satisfaire l’égo de certains élus locaux, et on a des aéroports non utilisés, qui ont coûté beaucoup d’argent, et sont abandonnés faute d’entretien.

    En revanche, améliorer le réseau ferré, (re)construire des gares, ça me paraît plus opportun.

  14. p.

    tout le monde aura remarqué, je pense, que d’après la carte aéroportuaire incluse dans le billet, Nantes (avec Mulhouse-Bâle, mais la localisation frontalière change la donne) a vu son activité se développer bien plus que tous les autres aéroports hexagonaux. Sauf Marseille (un minuscule fléchissement) tout le monde est à la hausse. L’argument d’une baisse du trafic aérien, souvent avancé avec l’écologie, et pour lui donner plus d’audience, celui-là, ce n’est pas pour demain…

    Sur les 500 consultations, on est ravi, mais, comme d’hab, frustré.

  15. Philippe Auteur de l’article

    Le blog chauffe dur depuis le début de la semaine avec la publication de ces deux billets sur Nddl. Plus de 500 consultations en deux jours pour ce dernier selon google analytics. Mais ce sont surtout les réseaux sociaux qui s’en sont emparés. Et j’ai dû suivre les débats, répondre ici et là, sans forcément avoir accès à toutes les réactions (c’est une diffusion virale).
    Une réaction intéressante, celle de l’historien Jean-Clément Martin, qui contestait le fait que l’Université de Nantes ait été fermée sur ordre du pouvoir central. J’ai heureusement pu retrouver l’info sur le décret de la Convention, mais pas la motivation, c’est la raison pour laquelle j’ai ajouté une note.
    L’atelier devrait retrouver son calme la semaine prochaine.
    Bon we.

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