Livres ouverts

Deux livres ouverts simultanément c’est l’habitude du tenancier. Un roman et un essai, histoire de varier les plaisirs, manière aussi d’épouser les moments, les humeurs de la journée. La fiction est dévolue aux lectures du soir, parfois à celles des petits matins paisibles quand la maison dort encore. L’essai est une lecture de journée, qui se séquence plus volontiers. De ce côté je suis toujours plongé dans la lecture De Quel Amour Blessée d’Alain Borer, qui se déguste à petites doses, page à page.

dalvaCette lenteur est sans doute due au fait qu’il arrive des périodes où l’on se laisse déborder  en ayant trois, quatre, cinq… dix livres sur le feu. C’est le cas en ce moment et cela traduit sans doute une certaine confusion de l’esprit. Mais comment renoncer à Léonard, à Marguerite de Navarre ou Jane Austen, qui sont inscrits dans des temporalités plus longues et qui trainent sur une table de nuit, un bureau ou une commode. Un problème se pose toutefois : à force de trimbaler les livres dans une grande maison, il arrive qu’ils égarent. C’est le cas du roman en cours de lecture : Dalva de Jim Harrison. Un excellent bouquin, avec lequel j’avais rendez-vous depuis des années, mais que je n’avais pas encore pris le temps de visiter. Cet imbécile a disparu en pleine action, alors qu’un chercheur alcoolique débute un travail sur les notes inédites d’un ancêtre ayant vécu parmi les Sioux. C’est délié, fantasque, érudit, intelligent…  Un vrai grand roman. Mais cet âne est introuvable. J’ai retourné deux ou trois fois la maison, sans succès. Peut-être se repose-t-il sous les coussins d’un fauteuil dans le coffre d’une voiture ou au fond d’un sac à dos. Mystère. C’est assez frustrant parce qu’il s’agit justement du genre de bouquin qui appelle une lecture d’une traite. Un film en quelque sorte dont on a envie de connaître la suite.

Par bonheur je n’aurai pas ce souci dans les semaines qui viennent. Il va falloir choisir le livre unique qui m’accompagnera au cours d’un séjour lointain. Les habitués de l’atelier connaissent mes manies : un seul livre pour voyager léger. Un ouvrage de la pléiade fait toujours l’affaire. Faute de moyens ce sera une relecture. Pour l’heure Borgès et le classique Chinois Pérégrination vers l’Ouest sont sur les rangs. Cioran ou Levi Strauss pourraient également s’inviter, avec l’avantage de n’avoir été lus que partiellement, mais le premier est un peu noir pour la route et le second un peu technique. A voir. Tout est ouvert. L’essentiel est que Dalva ressorte du bois dans l’intervalle, histoire de mettre un terme à cette impression d’inachevé qui prévaut quand un trop grand nombre de livres sont ouverts en même temps.

32 réflexions sur « Livres ouverts »

  1. MC

    Il y a en préparation une grande thèse sur ces gens-là. Je n’en dirai pas plus, sauf que je souhaite qu’elle soit menée à bien. Ce que j’en ai vu est très impressionnant.
    Sur Montaigne, Ponpon décroché par Ann Granger,in le Témoignage du pendu, lu hier soir, médiocre polar au demeurant ou la coupable parle ainsi de son oncle chez qui elle est lectrice (p 282)
    ” Ce n’étaient que des choses ennuyeuses, les journaux, les nouvelles économiques surtout, et tout ce qui avait trait au commerce du café . Ou bien c’étaient les recueils des sermons d’un quelconque pasteur mort depuis des lustres…ou une traduction des Essais de Montaigne. La fiction ne l’intéressait pas. Il trouvait cela futile.”
    Perfide Albion

  2. p.

    J’avais oublié que c’est bien Madame Françoise, vous avez raison, qui confia l’édition des lignes de son Michel de mari à Miss Gournay. Dans lesquelles lignes elle se mêla quand même de mettre plus que son oeil. Quelques jets d’encre de sa main…
    Oui, Marie meurt sous Louis XIV -l’expression est plaisante! mais avant l’accession au trône, avant 1661 -il me semble bien. Elle était déjà fort âgée. Et avait fréquenté non seulement les deux admirables que vous dites, mais ceux que Pintard nomme les Libertins érudits, dont La Mothe le Vayer, mais pas que….
    Bien à vous.

  3. Court

    Ah, il y a un coté groupie chez Marie de Gournay dont ce fut le seul amour . Mais je crois me souvenir que cette édition lui fut demandée par Madame Montaigne à la mort de son grand homme de mari. Personnellement, je juge cette édition une coquetterie universitaire, mais ne suis pas mécontent qu’elle existe. Elle m’évitera de me ruiner pour l’originale.
    Autour de Marie de Gournay, il y a quand meme Juste Lipse et bien sur Charron. Ce n’est pas mal Et un admirateur inattendu, Richelieu, que ses excentricités amusent et qui la pensionne . Il la reçoit d’ailleurs assez régulièrement. (pas vérifié, mais La Pucelle meurt sous Louis XIV, ai-je lu)
    Et puis dans ses deux traités sur le beau sexe, elle trouve surtout dans le second un langage émouvant et direct, en plus de leur brièveté.
    Un beau jour il faudra que je m’intéresse à l’humour de Richelieu hors politique . Un homme qui reçoit la Pucelle de Gournay et écrit plus que joliment à l’ Aumonier d’Anne d’Autriche – Un Espagnol, mais au delà de toute intrigue – parce qu’il sait n’avoir rien à redouter de lui, doit réserver d’autres surprises
    Bien à vous.
    MC

  4. p.

    Marie de Gournay, certes, n’était point sotte, elle n’aurait eu l’oreille ni le cœur de Montaigne, et disons que pour une fille, en effet, elle était même forte instruite, et tint salon (vous m’en direz certainement plus, M.Court) très prisé jusque tard dans le XVIIème siècle… Mais, mais, j’ai une dent contre celle qui se permit de corriger le texte qu’elle fit paraître après la mort du grand homme. Et j’ai la rancune tenace! je la trouve, pour cette raison seule, un peu moins fréquentable que ses talents propres ne l’auraient permis. Que voulez-vous, le genre “de quoi j’me mêle” me hérisse assez. Peut-être trouverez-vous que j’entre un peu vite dans la voie commune…. Je veux bien convenir que… oui. Sur ce point là.
    Bien à vous.

  5. Court

    Ou plus méchant, “‘Ils sont Quarante, ils ont de l’esprit comme quatre!”
    Pour Piron et le mythe de la création: Arlequin Deucalion!
    Il est de fait que, relisant dernièrement les deux traités de Marie de Gournay, on n’y trouve pas chez elle ce gout de la mode et de la frivolité scénique qu’on trouve, ce me semble, du coté d’une ville normande dont j’oublie le nom. Plutot celui de solides études. Comme disait un ami libraire en constatant la rentrée en grace de la dame dans le dernier Montaigne de la Pléiade: ” On s’est peut-être aperçu qu’elle connaissait le latin et le grec….”
    Bien à vous.
    MC
    Bien à vous, Pascale

  6. p.

    Son épitaphe:
    « Ci-gît Piron
    qui ne fut rien,
    Pas même académicien. »
    Comme quoi, pyrrhonien ne fut Piron, qui avait pour certitude que le rien est notre dernière demeure….

  7. p.

    Votre commentaire est en attente de validation. (non, non, j’ai juste oublié le petit point à côté du “p”, on est quand même bien peu de chose dans le monde internetique…)

    Pour vrai de vrai, M.Court, je n’avais pas lu votre dernière intervention chez PE en écrivant les lignes précédentes. Les Femmes Savantes ne sont insupportables ni comme femmes ni comme savantes, mais parce qu’elles s’auto-lauréatent (permettez ce barbarisme très laid…) de leur propre goût pour l’indexer au goût des autres, et ne comprennent pas que le goût n’est pas le beau (Kant) parce qu’il (le goût) est variable et aléatoire. S’enorgueillir de préférer la mode et le nouveau, -la tendance diraient les communicants-, n’est signe de rien… sinon de croire que la culture hors sol est plus…. goûteuse au simple prétexte qu’elle est plus neuve. La nouveauté, ni l’ancienneté d’ailleurs, ne sont critères de rien. Du mauvais goût au bon goût, il y a un abîme, des abysses plus sûrement. Je remercie chaque jour ceux de mes maîtres qui m’ont appris, à jamais et pour toujours, à remettre toute chose en son contexte, pour parler vite, mais vous voyez ce que je veux dire…
    Bien à vous

  8. p

    Pour vrai de vrai, M.Court, je n’avais pas lu votre dernière intervention chez PE en écrivant les lignes précédentes. Les Femmes Savantes ne sont insupportables ni comme femmes ni comme savantes, mais parce qu’elles s’auto-lauréatent (permettez ce barbarisme très laid…) de leur propre goût pour l’indexer au goût des autres, et ne comprennent pas que le goût n’est pas le beau (Kant) parce qu’il (le goût) est variable et aléatoire. S’enorgueillir de préférer la mode et le nouveau, -la tendance diraient les communicants-, n’est signe de rien… sinon de croire que la culture hors sol est plus…. goûteuse au simple prétexte qu’elle est plus neuve. La nouveauté, ni l’ancienneté d’ailleurs, ne sont critères de rien. Du mauvais goût au bon goût, il y a un abîme, des abysses plus sûrement. Je remercie chaque jour ceux de mes maîtres qui m’ont appris, à jamais et pour toujours, à remettre toute chose en son contexte, pour parler vite, mais vous voyez ce que je veux dire…
    Bien à vous

  9. p.

    Quand je vous lis, M.Court, j’apprends toujours quelque chose!
    (et je ne vous lis pas seulement chez notre ami Philippe, chez PE par exemple, où je m’amuse beaucoup des ingénues que vous mouchez avec aisance… les Femmes savantes sont de retour, et ce n’est pas une bonne nouvelle, si l’on s’en tient non point à ce qu’elles savent, mais, justement, à ce qu’elles ne savent point!
    Bien à vous
    p.

  10. p.

    Même veine (dans les deux sens du mot) que le Dictionnaire du Français médiéval, chaudement recommandé plus haut et plus tôt, toujours aux excellentissimes éditions Belles Lettres , je recopie :

    Nicolas Buat & Evelyne Van den Neste
    Dictionnaire de paléographie française
    Découvrir et comprendre les textes anciens (XVe-XVIIIe siècle)

    ” Le Dictionnaire de paléographie s’adresse à un public nombreux et varié : étudiants, généalogistes, universitaires, historiens confirmés ou débutants, amateurs d’histoire locale ou nationale. Conçu comme un ouvrage de base, il s’adresse aussi bien à l’érudit qu’au simple curieux. Plus commode qu’un manuel, il est le compagnon idéal du chercheur en salle de lecture. Il se laisse également feuilleter avec plaisir : comme tout dictionnaire, il offre un trésor d’associations de mots et d’images, de découvertes inattendues.
    Plus de 2 500 entrées, 12 000 exemples et 15 000 illustrations.
    816 pages – 45 € ”

    Je crois, Philippe, qu’il faut commencer la liste pour le Père Noël….

  11. Court

    Pour le plaisir:

    Certain auteur de cent mauvais libelles
    Croit que sa plume est la lance d’ Argail.
    Au haut du Pinde, entre les neuf pucelles,
    Il est planté comme un épouvantail.
    Que fait le bouc au milieu du gentil bercail?
    Y plairait-il? Penserait-il y plaire?
    Non , c’est l’eunuque au milieu du sérail.
    Il n’y fait rien, et nuit à qui veut faire.

    Sainte-Beuve aimait beaucoup cette épigramme, il avait de bonnes raisons pour cela….

  12. Court

    Espérons que le texte de l’Histoire des Sévarambes est collationné sur la première édition, et pas sur celle gazée en plusieurs endroits de la collection des voyages et romans kabbalistiques, parue vers la fin du Dix-huitième siècle.
    Desfontaines ayant sévi sur Robinson, on peut espérer sans trop d’illusions que son Nouveau Gulliver soit meilleur; comme disait un contemporain de ce polygraphe (Piron?° dans une épigramme restée fameuse
    En haut du Pinde, entre les neufs pucelles,
    Il est planté comme un épouvantail.
    Pour le reste , j’espère que ce n’est pas l’absence de droits d’auteurs qui légitime ce regroupement un peu bizarre.
    MC

  13. Eric

    Cher Philippe, lu à la Une du Monde des livres aujourd’hui, la sortie dans la collection Bouquins de six récits anciens, sous le titre « Voyages imaginaires », réunis sous la direction d’Alberto Manguel. Ces six textes, écrits entre le XVIIe et le XXe siècle, dans la veine des voyages de Gulliver, nous entraînent dans d’étranges séjours qui permettent aux auteurs, derrière des récits fantasmagoriques, de brosser une critique sociale, politique, religieuse de leur époque. On y retrouve le fils de Gulliver, un pays subaquatique où règnent des femmes géantes et où les hommes sont réduits à des formes de pénis, et autres fables philosophiques. Voilà qui semble une lecture passionnante, idéale pour l’été ! – Voyages imaginaires, Robert Laffont “Bouquins”, 1372 p., 32 €.

  14. Court

    l ‘exemplaire VH va pouvoir retrouver l’ exemplaire de Restauration, dédié au …Comte de Chambord! “A sa Majesté Henri V, Amour et Vénération”,
    Gageons qu’ils vont avoir beaucoup de choses à se dire…
    Bien à vous
    MC
    PS
    Je crois, Philippe , que vous allez vous régaler.

  15. Court

    “Le clergé saint rend le peuple pieux, le clergé pieux rend le peuple honnete, le clergé honnete rend le peuple impie”
    Le meme, Cité par Léon Bloy, qui ajoute
    “Sommes-nous encore au temps du clergé honnete?”

    actualité inépuisable des Prophètes…
    MC

  16. christiane

    «Il y a dans l’âme des places très élevées où dort la vitalité, et que la douleur seule peut atteindre : l’homme a des endroits de son cœur qui ne sont pas et où la douleur entre pour qu’ils soient !»
    (De la douleur, Antoine Blanc de Saint-Bonnet, [1848], p. 43).

  17. Court

    Je vous fais part en toute simplicité de la réapparition du Blanc de Saint Bonnet de 1849 avec envoi à VH. alors que j’avais fini, de guerre lasse à penser qu’on me l’avait chapardé! Une BD sur l’étagère au dessus disparut en effet lors de travaux!
    Le volume, lui, a connu la Place des Vosges jusqu’en 1851, lorsque la première bibliothèque hugolienne fut vendue aux enchères pour financer l’installation à Jersey. Après, sa trace se perd…
    Il ne manque plus que Madame Acarie de Boucher, dans sa première édition, et le plateau sera complet!
    (Non, elle n’a pas couché avec Victor!)
    Bien à vous.
    MC
    PS
    On aura noté quelques variations dans la description. C’est la dernière qsui est la plus sure!

  18. p.

    Excellent choix. Vous craquerez deux fois, une fois en l’acquérant, une autre en le dévorant.
    Le foisonnement des écritures, la passion comme destruction sans renoncement, le parler juif hilarant, l’ambiance du luxe et de la déchéance… quel livre!

  19. Philippe Auteur de l’article

    Je vais finir par craquer sur Belle du Seigneur Pascale. L’atmosphère de la SDN, que je connais très mal, me tente. En poche, ça me permettrait de tricher un peu en emportant un pléiade pour varier les plaisirs.

  20. p.

    Il m’est venu une suggestion, tout d’un coup, Philippe, d’un ouvrage en Poche, suffisamment épais et foisonnant pour un long voyage…. Le “Paris” de Zola. Auquel vous pouvez ajouter, en Poche toujours, mais peut-être l’avez-vous lu, l’ “Aurélien” d’Aragon. Indispensable dans l’espace “roman du XXème siècle” de votre bibliothèque.
    Reste, “Belle du Seigneur” d’Albert Cohen, en Pléiade, certes, mais aussi, en collection de poche, dépaysant -ce qui est un comble- parce qu’écrit dans une ambiance littéraire nouvelle à l’époque -le très peu romanesque monde de la SDN! c’est plusieurs livres dans un, sous le seul rapport du jeu des styles, un atypique devenu classique, désolée de ne pas faire mieux dans l’instant. Vous en prenez quand même pour presque un millier de pages…

  21. p.

    Hommage à l’immense présence…

    Deux ouvrages d’Yves Bonnefoy, décédé hier, étaient (sont, pour toujours) en proximité, dans le chaos livresque qui a pris racine (!) pour partie dans une pièce du logis.
    ‘L’improbable (et autres essais)’ et ‘la Vérité de parole (et autres essais)’ tous deux chez Folio. Je viens d’y promener ma mémoire plus encore que mes yeux, me félicitant comme chaque fois, du vice dont je ne veux pas me guérir : marquer les mots, phrases, passages, pages qui m’ont émue, touchée. Ainsi, ouvrir un livre est la certitude de revivre ces moments, en suspension dans l’agitation mondaine.

    ” L’acte de la présence est en chaque instant la tragédie du monde et son dénouement. C’est la voix apaisée de Phèdre au dernier acte, quand elle enseigne et se rompt.
    Je dirai par allégorie : c’est ce fragment de l’arbre sombre, cette feuille cassée du lierre. La feuille entière, bâtissant son essence immuable de toutes ses nervures, serait déjà le concept. Mais cette feuille brisée, verte et noire, salie, cette feuille qui montre dans sa blessure toute la profondeur de ce qui est, cette feuille infinie est présence pure, et par conséquent mon salut. Qui pourra m’arracher en effet qu’elle a été mienne, et dans un contact au-delà des destins et des sites, dans l’absolu ? Qui pourrait aussi bien, détruite, la détruire ? Je la tiens dans ma main, je la serre comme j’eusse aimé tenir étreinte Ravenne, j’entends son inlassable voix. – Qu’est-ce que la présence ? Cela séduit comme une œuvre d’art, cela est brut comme le vent ou la terre. Cela est noir comme l’abîme et pourtant cela rassure. Cela semble un fragment d’espace parmi d’autres, mais cela nous appelle et nous contient. Et c’est un instant qui va mille fois se perdre, mais il a la gloire d’un dieu. Cela ressemble à la mort… ”

    Je m’interroge. Et ma question n’est pas : “qui écrit encore ainsi aujourd’hui?”, je suis sûre qu’il y a des réponses. Mais, “à qui cela importe-t-il que l’on écrive ainsi aujourd’hui?” et là, je crois bien qu’un silence rempli de larmes vient de s’installer….

  22. Court

    Non Philippe; François Victyor Hugo n’a pas écrit sur La Rochefoucauld, il en a chiné les Mémoires en Flandre, ce qui dénote une curiosité fort sympathique et dépassant le seul Shakespeare. Et il a poussé l’obligeance jusqu’à laisser sur son exemplaire une marque d’appartenance autographe, à l’encre!
    Bonne journée.
    MC, de retour en sa Bretagne.

  23. Philippe Auteur de l’article

    Félicitations, ce qui comme le précise fort justement Alain, salue la chance. Les ventes réservent parfois de bonnes surprises. Le plaisir de fouiller dans les manettes. La Rochefoucauld est assez pénétrant, c’est vrai, je ne savais pas que François-Victor Hugo en avait fait un livre.
    Vous me faites saliver Pascale avec votre dictionnaire du français médiéval. Le recherche de la genèse de la langue est une sorte d’archéologie de l’esprit.
    Malheureusement pas grand chose sur mes étagères des suggestions que vous faites, excepté Chateaubriand. Mais je l’ai déjà labouré.
    Le second tome de Borgès n’a pas voyagé apparemment. Ce qu’il y a de bien avec Borgès c’est qu’on est dans l’essai, la critique ou la nouvelle. Mais je crois que je vais craquer et emporter un ou deux poches de plus, que je vais échanger là-bas.

  24. Court

    Ah, bienheureux les livres retrouvés. Je n’arrive pas à remettre la main sur ma Vie de Madame Acarie par Boucher, ni sur le DE LA DOULEUR de Blanc de Saint Bonnet avec un envoi à la baronne Hugo particulièrement ciblé en l’année 1843.
    Mais je ne me plaindrais pas trop, voici pourquoi.
    L’autre jour à Drouot, je viens voir le La Rochefoucauld de François Victor Hugo. Le lendemain, vente. Le La Rochefoucauld est perdu. On compte qu’il va réapparaitre durant celle-ci, mais non! Vente finie, je viens chercher mes lots, et, pour avoir eu le volume en mains la veille, en détaille une particularité, l’absence partielle du dos. Le livre est toujours introuvable, lorsque, levant la tete, je le vois sur une étagère lié fautivement par un élastique à mon traité, o prédestination! , et le signale. J’allais repartir avec mon traité d’Arpentage et quelque chose sur la coutume d’Artois quand le Commissaire Priseur me dit: il vous intéresse toujours? Oui; -Bon, vingt Euros! C’est ainsi que le livre désiré, une originale courante des Flandres qui se fut envolée certes bien plus haut si elle eut été vendue au feu des enchères et des experts présents finit par d’obscures lois en Bretagne dans la bibliothèque de votre serviteur, avec la signature françoisvictorhugolienne datée de 1861, année probable de son voyage en Belgique…
    Dieu écrit droit avec des lignes courbes!

  25. Philippe Auteur de l’article

    Retrouvé Dalva. Comme si le livre avait eu besoin de faire parler de lui pour réapparaître. Plongé dans un marathon d’écriture (35 feuillets à livrer pour le 13 juillet) , pas le temps de réagir mais lu vos commentaires avec gourmandise Pascale.

  26. p.

    L’ouvrage vient de recevoir le Grand Prix de la Francophonie. Je l’avais repéré, il y a plusieurs mois déjà. Le nom de Michel Zink comme gage absolu. Mais la tonalité japonaise (?) de l’auteur m’impressionne déjà. Et pour le prix d’un billet de match de foot, ou d’un (gros) plein d’essence, on dispose, à vie, d’un ouvrage dont je n’ose imaginer à quelles abnégations fébriles on le doit, l’autre manière de dire la passion. Pour les choses de l’esprit, s’entend.
    A mon sens indispensable. Faut juste râcler les fonds de poche.

    Takeshi Matsumura
    Dictionnaire du français médiéval
    Sous la direction de Michel Zink
    “Avec ses 56 212 entrées, ce dictionnaire de l’ancien et du moyen français s’adresse à tous ceux intéressés par l’histoire de la langue et la littérature du Moyen Âge. Il a pour objectif d’aider les lecteurs à comprendre les textes français du Moyen Âge, depuis les Serments de Strasbourg en 842 jusqu’à la fin du XVe siècle, en leur offrant une nomenclature assez étendue des mots, munie d’indications étymologiques et éventuellement géographiques, de définitions fiables, et de citations dûment contrôlées.”
    3520 pages-85 €
    Éditions LES BELLES LETTRES

  27. p.

    mais entre “Cioran” et “Levi-Strauss” choisir L.S (non, non, pas si technique)
    Je suis inconditionnelle du premier, mais il faut voyager léger, et là, le pessimisme d’Emile devient carrément un supplément de bagages…

  28. p.

    En son temps, Dalva m’avait emportée. Je réalise, l’écrivant, ce que cette phrase a de subversif et d’inattendu. C’est bien nous qui emportons un livre (premier sens) et là c’est lui qui nous emporte (second sens), et sans l’avoir préméditée, voilà une illustration simple de la polysémie de la langue, la française tout particulièrement. Clin d’oeil à Alain Borer. Mais aussi, à notre hôte, qui demande à ses modestes visiteurs de lui proposer un livre à “emporter”, à mettre dans son sac.
    Quand je boucle une valise c’est le moment le plus difficile. Bien sûr la question du temps passé hors de son logis compte. Pour quelques jours, deux ou trois livres peuvent suffire. Les prendre différents dans le genre, l’époque et le style, mais le casse-tête reste le même. Et pour plus longtemps, et plus loin, avec un poids maximum autorisé…. alors là! c’est la cata.
    Notre hôte a depuis longtemps réglé la question. Un volume de la collection Pléiade. C’est compact et réalise une économie de poids pour un maximum de lectures. L’inconvénient c’est le monochrome, il ne faut donc pas se tromper.
    Ignorant la composition de votre fonds “Pléiade”, Philippe, voici ma petite liste perso, mais quelque chose me dit que certains sont plutôt en mode “acquisition à venir” . En tout cas moi, voici entre quoi j’hésiterais, en ce moment : Chateaubriand (6 tomes! il y a de quoi choisir) ; Gogol ; Lautréamont ; Michelet (ma belle émotion littéraire du moment, merci Barthes!) ; G.Sand (2 tomes! quelle femme! quelle plume! quelle vie! justement “Histoire de ma vie” ) ; Vargas Llosa (2 tomes) publication récente de la belle édition.
    Dava va nécessairement réapparaître, mais le bois c’est quand même son lieu de prédilection, la forêt immense et drue. Pour ma part j’en suis à bien plus de cinq livres ouverts en même temps …. Daniel Arasse (histoires de peintures, la reprise d’émissions courtes à F.Cult. C’est vif, léger, savant… c’est Arasse quoi!) ; Michelet donc ; Barthes tout et toujours ; Klein encore ; M.Conche ; Borer (Koba, roman paru en 2002, s’accrocher, ébouriffant, époustouflant, érudit, très, immensément écrit, on ne sait s’il faut le lire lentement pour ne rien manquer ou à toute vitesse pour suivre l’épopée, car c’est de cela qu’il s’agit, en tout cas, je le lis à haute voix) ; retrouvé un Rémy de Gourmont gourmand ; et quelques travaux pour le travail…. présocratiques et autres penseurs de l’Antique.
    Attendons avec impatience le résultat de votre délibération…

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