Nouvelle géographie

Une nouvelle géographie des activités du polygraphe se dessine depuis le 1er juillet. Exit en effet la charge de journaliste professionnel et celle de chargé d’enseignement à l’université de Nantes. Ce décrochage choisi va libérer de l’espace et du temps pour des productions plus personnelles et moins soumises à certaines obligations de réserve. Il n’est pas exclu, ainsi, que la forme des textes ici publiés évolue pour faire place à des chroniques plus déliées, plus proches du journal que du billet anglé ou de la note de lecture calibrée. Commençons.

Belle-île-en-mer

Liber and Co, 2 rue des remparts, Le Palais, Belle-île.

Plusieurs évènements ont marqué la semaine passée. Une délicieuse croisière tout d’abord sur le voilier (un Arpège pour les connaisseurs) de mon ami Jacques, qui nous a permis de naviguer quatre jours durant d’île en île au large du golfe du Morbihan, avec une halte à Belle-île bien entendu, où nous avons découvert un splendide café-librairie, Livres et Compagnie, sur les remparts du Palais.

Lu également pendant ce périple Un été avec Machiavel de Patrick Boucheron dans la jolie petite collection que France-Inter consacre chaque année à un grand auteur.  Il sera toutefois difficile de glisser Machiavel – pourtant contemporain de mes personnages et venu à plusieurs reprises à Nantes – dans les prochaines aventures de mon imprimeur. Nous verrons.

Perspective

En revanche, il est possible que l’invention de la perspective au quattrocento, qui fait l’objet d’un excellent papier dans le dernier numéro spécial de Philosophie Magazine, trouve sa place. Il me faut regarder de plus près comment la perspective a influé sur la gravure au début du XVIe. Ce supplément est inégal, parfois verbeux, mais c’est une bonne mine d’informations. L’article sur le parallèle entre le développement de l’imprimerie et celui du numérique qui sous-tend l’argument du Malais de Magellan, est quelque peu décevant. Pour l’heure, retour vers L’oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar, pour une lecture fine sur l’articulation entre alchimie et découverte des principes actifs des plantes. 

Violence

En parallèle, poursuite de la lecture d’un essai La part d’ange en nous, qui dynamite les idées reçues sur la progression de la violence. Nous vivons la période la moins violente de l’histoire de l’humanité, et cette violence ne cesse de reculer, en dépit effets de loupe produits par lle flot d’informations qui nous submerge. La démonstration de Steven Pinkler est parfaitement étayée et convaincante.

C’est une bonne nouvelle. Et cela montre, s’il était nécesssaire, que nous avons plus que jamais besoin de recul, face au délire anxyogène et catastrophiste que nous proposent les médias tous les matins. D’une certaine façon je ne suis pas mécontent de ne plus participer à cette mise en scène fatigante et macabre. La vie à la campagne permet d’y échapper en partie et de ne pas oublier de cultiver son jardin.

Bonne semaine.