Amazon or not Amazon ?

improbables L’aménagement de cet atelier aura, outre des problèmes techniques infinis (mais passionnants à résoudre), soulevé un dilemme inattendu. Quel lien faire figurer sous les livres présentés ? Celui d’un libraire ou d’un site marchand, du type Fnac ou Amazon ?

Si l’on est un brin vieille France et attaché au commerce de proximité, la solution tombe sous le sens : dirigeons les lecteurs potentiels vers un libraire. Mais cette solution peut se révéler imbécile sur un site internet qui ne connait pas, par définition, la géographie. Si un Nantais cherche un livre édité à Nantes, il n’aura pas de difficulté à le trouver chez un libraire de la place. En revanche si un lecteur, basé à Phnom Penh, comme ce fut le cas récemment, cherche un récit de voyage au Siam édité en Bretagne, il aura tout intérêt à consulter Amazon.
amazon le point
Cette difficulté se double d’une particularité propre aux éditeurs de province. Si leurs ouvrages sont, en règle générale, correctement diffusés dans leur région d’origine (encore que), ils ne peuvent matériellement être présents en dehors de leur zone d’influence. Cela coûterait une fortune à tout le monde, pour un rendement misérable. Ajoutez à cela que mon éditeur nantais est fâché avec Amazon, cela ne simplifie la tâche de personne, surtout celle du lecteur potentiel de Zanzibar ou de Pondichéry (rare je vous l’accorde).

J’ai donc choisi une solution intermédiaire, consistant à proposer trois solutions différentes pour les trois livres présentés dans ce premier agencement : la Fnac pour le petit dernier « Au Royaume de Siam », en librairie à Nantes pour les voisins, Amazon pour le guide « S’installer à Nantes », édité à Paris, et la librairie Vent d’Ouest de Nantes pour « L’homme blanc », dont j’ai appris aujourd’hui par l’éditeur qu’il serait bientôt épuisé.
librairie lieu unique
Le gag est que votre serviteur sera commissionné, misérablement rassurez-vous, pour chaque livre vendu par Amazon, et ne touchera pas un fifrelin pour les autres. Non comme auteur, mais comme « apporteur d’affaire ». Au-delà de l’anecdote, la montée en puissance d’internet se révèle paradoxale : c’est à la fois une bénédiction pour les petites maisons d’édition, qui voient le champ des possibles s’élargir chaque jour en trouvant des lecteurs qu’ils n’auraient jamais atteint physiquement, et un drame pour les libraires, lesquels sont progressivement mais inéluctablement amputés d’une partie de leurs revenus.

Illustrations : Improbables librairies, hangar Amazon Le Point, librairie Vent d’ouest au Lieu unique

6 réflexions sur « Amazon or not Amazon ? »

  1. Catherine Bernard

    On peut aussi espérer que nous vivons une période transitoire d’adaptation à l’issue de laquelle il y aura ré-invention de la proximité. Ce que finalement tu viens de faire.

  2. Philippe

    Merci Gwen pour ce mail, que je me suis permis de reproduire ici (ah, ce que vous êtes timides les amis, pourtant je sais qu’il y a du monde – 116 visites en 3 jours pour 393 pages vues, votre serviteur exclu, pas trop mal pour un début). Je prends en compte tes remarques et vais procéder aux corrections suggérées. Même si la métaphore n’est pas facile à filer pour toutes les rubriques. Pour les liens amis, c’est plus difficile (les intitulés sont ceux des blogs) parce qu’il faut modifier des lignes de codes pour les changer, et ce week-end je n’ai pas le courage de replonger sous le capot. Une question idiote au passage. Y-a-t-il une capitale après les points du suspension dans le premier bloc ? Si tu repasses par là ou si Claire, ma chère étudiante secrétaire de rédaction, lit ce commentaire, merci de m’éclairer. Bon week-end.

  3. Gwenhaelle

    Coucou Philippe,

    j’ai regardé ton blog.

    J’aime bien le nom — que tu as choisi dès le départ — et cette photo d’un angle de ta bibliothèque qui est un grand angle panoramique tant sur la plan physique que symbolique : il va nous être proposé un vaste choix de livres, de réflexions, etc.

    Il est clair dans sa présentation (tu as filé la métaphore de la maison, mais je préférerais l’intertitre L’Atelier à La Maison. J’aime bien Les Étagères, peut-être que tu peux trouver d’autres inters pour y ranger des sous-parties et l’Artisan).

    Son ergonomie est facile à comprendre.

    Par contre dans Quelques amis, tu mets Copier-coller, je ne trouve pas cela heureux comme appellation pour des amis ! et je me suis demandée ce que j’allais découvrir en cliquant dessus.

    Tu peux y aller en confiance en prenant en compte les commentaires reçus.

    Bises

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