Flohic : un aventurier de l’édition

A quelques jours des journées du patrimoine il n’est pas incongru de saluer l’une des aventures éditoriales les plus folles de ces dernières années : l’inventaire du patrimoine remarquable de France et de Navarre décliné par commune en une collection de dictionnaires illustrés. Un projet monstrueux, envisagé sous l’angle de la singularité. Chaque clocher, maison, pressoir, vitrail, manoir, calvaire, phare… retenu fait l’objet d’une notice dans cet ensemble d’ouvrages aujourd’hui épuisés et très recherchés. commune-double-light

Ce projet, qui n’a pas pu être conduit à son terme  – on le comprend lorsque l’on feuillette l’un des ouvrages réalisés (un peu sur le mode des guides Gallimard, avec beaucoup de photos détourées), cela a dû coûter une fortune – est celui d’un personnage étonnant, Jean-Luc Flohic qui a laissé peu de traces au lendemain de la faillitte de sa maison. Voici ce qu’en disait Edouard Launet dans Libé en 2003 :

« Cet éditeur monomaniaque est en train de recenser le patrimoine de chaque commune de chaque département français (…) Une trentaine de départements ont déjà été passés à la moulinette (…) Jean-Luc Flohic, 56 ans, est un homme d’une grande gourmandise intellectuelle, avec de la suite dans les idées. Voilà vingt ans, il commence par éditer des revues d’art contemporain. Puis édite de la littérature qui s’intéresse à l’art. Puis regarde sous les pieds des écrivains et des peintres, pour y découvrir des racines d’un beau diamètre : un terroir toujours irrigue les artistes. (…) Un département est ratissé en six mois : recensement du patrimoine (artistique, agricole, technique, administratif, religieux) avec des érudits locaux, puis analyse, tri et envoi de photographes. Ensuite encore huit mois pour les textes et la fabrication de l’ouvrage. Au total, une centaine de personnes contribuent au chantier. “Jamais auparavant il n’y a avait eu un tel travail systématique dans chaque commune, dans chaque canton”, affirme Jean-Luc Flohic. Mais l’opération ne prétend pas être un inventaire exhaustif. »

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Outre les départements, Jean-Luc Flohic s’était attaqué au patrimoine des grandes institutions françaises. Mais au lendemain de la faillite de sa maison, aux alentours de 2005, tout ce patrimoine livresque a dû être cédé à vil prix, par palettes entières, pour payer les dettes sans doute. Certains bouquinistes ne s’y sont pas trompés, qui ont acheté des stocks entiers de ce précieux “Patrimoine des communes de France”, lequel se vend aujourd’hui à prix d’or. Difficile de trouver un “Flohic” (pour la plupart en deux volumes) à moins de 200 €. Le Flohic est devenu une référence, à défaut d’avoir été un succès éditorial.

Les plus perspicaces d’entre vous peuvent apercevoir sur la photo de bandeau deux têtes de dictionnaires jaune(s), c’est le Flohic de Loire-Atlantique.

 

18 réflexions au sujet de « Flohic : un aventurier de l’édition »

  1. MC

    J’ai aussi une petite pensée pour les Editions du Layeur ses réimpressions des rares bBibliophiles Bretons: Cambry, Dubuisson-Aubenay, et, sortant des sentiers battus, le Voyage de Trollope, et une très honnete reproduction de la COTE , de Max Jacob …
    Bien à vous.
    MC

  2. jeanne

    @ philippe dossal . Vous avez très bien vu . Une chance : un peu à l’écart,la région n’attire que les amateurs de vin, de marche à pied ( dans l’hiver, il y a une randonnée pédestre de 50kms à travers les vignes, les sentiers, la boue, départ vers 22h, arrivée au petit matin, vin chaud, galettes…Il y a foule, et elle est très cotée) Il y a un moment que je n’y suis pas retournée, vendanges terminées, j’irai voir. On peut dormir dans les châteaux, les fantômes sont compris dans le prix !
    Votre remarque sur la banque est pleine d’humour; un nom pareil….J’ignore si l’école linguistique européenne a résisté ou a disparu; je vais me renseigner !
    Si vous aimez l’architecture, les 7 écluses de Rogny sont un exemple de l’intelligence de l’Homme de la poule au pot, et de l’architecte; Wiki le raconte très bien.
    Ce soir j’aurai le temps de lire votre nouveau billet. (je ne suis ni géographe ni historienne ,mais les richesses ,industrielles, architecturales, culturelles d’une région, m’intéressent.)

  3. Philippe Auteur de l’article

    Etonnante destinée en effet que celui de la banque “Grenouillet et compagnie” (ça ne s’invente pas) devenue banque Hervet pour finir… HSBC. Il y a un petit côté balzacien dans cette histoire. De la matière à roman.
    Pour le reste je connais mal cette partie des bords de Loire, que l’on situe un peu plus précisément, du côté Sancerre ou le Pouilly dirait-on.

  4. jeanne

    Beaucoup d’oublis dans mon post précédent: des granges” d’époque”, des demeures seigneuriales “d’époque” et..un village de sorciers, des vrais, “d’époque”; Victor hugo, peut se rhabiller avec ses guéridons. Dans les Vignes ,dans les sentiers, on a Balzac et henri Fournier, en direct !!

  5. jeanne

    Philippe Dossal. Soyez curieux ! tapez banque hervet, et vous trouverez; je n’ai rien inventé. Flohic avait dù en parler, volume que j’ai offert, mais lequel ?? tantôt, c’est un lieu fiancé avec la Bourgogne, tantôt avec l’île de France, tantôt avec les Pays de Loire …Pas de petites églises romanes, des petits clochers; un , des paysages à se damner.Un grand fleuve à contempler du haut d’un balcon promontoire,un château ( ne se visite pas) propriétaire depuis des ….siècles ? d’un famille dont la liqueur est l’un des fleurons français. Les vins, blanc sec, sont servis à la Maison Blanche. Des paysages , à l’infini, coteaux, plaines, des feuilles rouges début octobre, les voix des vignerons en hiver, qui taillent et brûlent dans d’incroyables brouettes faites de moitié de bidons,les branches-lianes. Pour la photographe très amateur que je suis, des journées entières, l’hiver, allongée au pied des ceps (les vieux) à guetter le rayon de soleil qui les trans forme en silhouettes fabuleuses.Le village parfois semble flotter au-dessus des nuages. Trop de touristes le tuerait. A 50,100 kms, les Sept Ecluses , ouvrage d’art-abandonné, commandé par Henri IV.
    Vous trouverez , assurément, avec cela !!
    J’ai découvert sur Wiki, l’histoire de la banque ( princesse Orlov nièce du Tsar) qui fut nationalisée, reprivatisée, re-re et par l’indigence des gouvernants vendue(pour rien ?) à ??;(wiki le dit).
    Flohic en parlait dans quel volume ? il y a des lavoirs, encore. Elle a une place bétonnée, ignoble, mais on peut s’y enivrer !

  6. jeanne

    Merci P. je n’avais pas trouvé le bon clic. Fastueuse demeure, très bellement ravalée. La Mazure ? le propriétaire a de l’humour.

  7. Philippe Auteur de l’article

    Vous nous mettez l’eau à la bouche, Jeanne. Mais on aimerait se situer un peu. Dans quelle région se situe se charmant village perché au milieu des vignes ? En Bourgogne, sur les côtes du Rhône ?

  8. jeanne

    Si vous êtes un peu curieux, et avez consulté le bon Wiki, vous avez appris que parmi les fondateurs de la Banque Hervet (aujourd’hui disparue) figure un Officier de Cavalerie qui avait épousé la Princesse Russe Orlov, tout comme le rôti de veau Orloff….Ils auraient bien fait d’installer un cours de Russe, les dynamiques européens du village perché, avec Cyrille Lignac aux cuisines , réputation assurée…

  9. jeanne

    La Mazure ?? photos absentes, dommage! Les journées du Patrimoine font découvrir des trésors. L’an passé, été indien, j’emmène des amis de passage à la campagne; un charmant village perché, au milieu des vignes . Occasion rêvée pour s’installer dans un sentier, un vin blanc sec, une galette sèche feuilletée et du jambon. Beaucoup de monde dans le village; allons donc voir. Une jolie jeune fille nous invite à nous joindre au groupe, et, entreprend de raconter par le menu la lutte qui opposa protestants et catholiques au 17°S. Un peu longuet. La troupe repart. Arrêt devant un gros bâtiment, à priori banal. “Vous êtes ici devant un bâtiment qui montre l’élan européen de notre village. Chaque année pendant les vacances scolaires, ont lieu des cours de langue, polonais, roumain, tchèque. Des grandes inscriptions vont bientôt orner la façade. Mais vous pouvez apercevoir encore les superbes lettres qui indiquent la destination antérieure du lieu. Approchez. On distingue : Banque Hervet; on n’arrive pas à l’effacer. Vous pouvez photographier. L’un des participants dit alors: Banque Hervet ?? jamais entendu parler.– Je vais vous raconter l’histoire….. De quoi ? nous étions déjà partis, de crainte qu’elle ne remonte à Law et aux assignats. Nous avons acheté à la boulangerie, d’époque, une grande tarte aux pommes et nous avons bien bu, en compagnie des perdrix qui piquaient les grains de raisins qui restaient sous les ceps.
    “- alors comme ça, il y a eu des polonais par ici? tu ne nous en avais jamais parlé. ça remonte à quand ?”
    Je n’ai pas éclaté de rire pour ne pas faire fuir les perdrix.

  10. MC

    Tas-manoir (ainsi nommé parce qu’il est souvent gros et vit caché . lesmanoirs sont des animaux pudiques)
    wwwchateaulamazure.com
    Et Il y a pire!

  11. jeanne

    Je dois à Court 42mn15s de bonheur ,qui n’ont qu’un très lointain rapport avec Flohic et le Patrimoine, j’en conviens. Quelle allure a donc le tamanoir ? j’ai tapé tamanoir, j’ai choisi documentaire animalier, cela me semblait sérieux. Dès la première image, une patte énorme, poilue, me fonce dessus. C’est un mastodonte; je passe en plein écran, c’est bien un animal patrimonial. Déboule sur l’écran une jeune et jolie jeune fille, dans un gros 4/4 ; la voix off chuchote qu’elle va étudier d’abord les excréments du tamanoir. Je remercie Court, les 42mn sont inégales mais les images du tamanoir sont magnifiques.
    Quant au patrimoine des journées, je le préfère presque sur papier glacé . Voir les ors de l’Elysée après une attente de 3h, pour avoir droit à un selfie avec l’hôte m’a semblé peu attractif ; subir les explications longues et compliquées d’un guide du jour m’a semblé peu jouissif. J’ai choisi d’aller voir une énorme bâtisse carrée,sise dans la campagne, ouverte exceptionnellement; une ferme fortifiée du 17°s, complètement vide. Mais les jeunes propriétaires , pleins de courage, élevaient des chèvres adorables, très photogéniques; et les petits fromages étaient très bons,sont très bons. Est-ce vraiment du 17° ?
    Ce fut une découverte agréable ; pour la vérité historique, il y avait Flohic. mais la vérité historique coûte cher et exige des connaissances. J’ai vu à la TV que le président de l’assemblée nationale serrait la main des petits enfants…ce jour-là

  12. MC

    Quelqu’un sait-il combien de volumes sont exactement sortis? Plus de 33 je pense,?
    Il a par ailleurs existé de petits volumes, sortes de monographie. Ce devait etre vers la fin. et là aussi, combien?

  13. Court

    Cela dit, pour voir l’escalier 1900 de l’Amirauté d’un port que je connais bien, ne comptez pas sur les Journées du Patrimoine, mais voyez la photo dans un petit Flohic ! Pour les journées, on préfère faire visiter le gracieux bunker de Doenitz..
    Hilarité garantie pour le cahier patrimoine du Figaro, qui s’ouvre avec Vaux, mais se poursuit avec de “nouveaux châtelains” de très discutables batisses, dont , en Mayenne, certain Château de La Mazure façon Louis XIII repensé à l’époque du Canal de Panama! Ce que j’appelle un tas-manoir!
    Cordialement.
    MC

  14. Court

    Il lui est arrivé aussi (rarement) de se tromper. Je sais un manoir du XVeme siècle qui n’a jamais existé dans le bourg qu’il indique. Ni dans les environs.
    L’effondrement de Flohic fut une des plus tristes choses auquel j’assistai.
    En attendant, repensé sous le titre images du Patrimoine, l’Inventaire est en peine, la Librairie de l’Hotel de Sully étant fermée. (vous n’y pensez pas, parler sérieusement d’un monument? Ce n’est pas rentable!)
    En écho à PMB, Victor, à propos d’une tour du Moyen Age dont on voulait la peau: “Démolir la tour, non. Démolir l’architecte, oui!”
    Bien à vous.
    MC

  15. Al Ceste

    Celui sur le patrimoine des Pays de Loire recense deux bâtiments… aujourd’hui disparus :

    LA DAME DES MARAIS

    C’était une vieille ferme solitaire, on se croisait souvent au gré de mes vadrouilles motardes. J’aimais m’ar­­rêter, couper le moteur et laisser faire le silence.
    Elle était plus que centenaire, mais bien conservée. Rare, car seule ou presque, au nord ardoisé de la Loire, à se coiffer exclusivement de tuiles. Rare, car aucune de ces bâtisses en fibrociment raide et gris cadavre qu’im­pose le progrès aux paysans ne la défigurait. D’un teint brun un peu triste, mais bien proportionnée, disposant çà et là ses pentes variées, ses ouvertures serties de brique au feu, elle vous ouvrait sa grange centrale exhibant une charpente imputrescible et un escalier droit aux marches en pierre verte ovalisées par l’âge. Surplombant les marais de Grée, maîtresse impassible des lieux, elle observait les eaux plates dans leur lent va-et-vient saisonnier, les boules de nuages s’y mirant silen­cieusement, les oiseaux et leurs migrations d’échassiers de fortune, gardiens calmes d’un temps long s’ignorant menacé.
    Son premier chagrin lui vint de l’autoroute, qui la coupa de ses chers marais d’eau douce pour faire jour et nuit un boucan du diable d’enfer. Où vont-elles si vite, ces fourmis qu’on voit revenir dare-dare à la mê­me vitesse ? Son dernier chagrin, sa mort subite, ce fut un aéro­drome et ses ailes de béton posées large. Il paraît que c’est bien, que c’est moderne, que ça créé des emplois. Ne pouvait-on éviter de la raser ? L’em­baucher elle aussi, pourquoi pas la prier de revivre en auberge ? Ces coureurs de vie ont quand même le temps d’avoir des plaisirs, des amis à fêter – on suppose.
    Alors sa propriétaire, une veuve pas joyeuse de l’affaire, fut sommée moyennant petites finances de partir mourir, et pas qu’un peu, chez son fils voisin dont le manoir du XVII° tombé en ferme connaîtrait vite le même sort (Le livre consacré au patrimoine régional qui le signale ignore que maintenant il vous trompe). Lui remplaça-t-on la chaleur de ses murs, les raisins de sa treille, ses images de vie enfouies au bulldozer ? Survécut-elle longtemps à sa maison natale, cette chère vieille plante déracinée ? Les humains, certains en tout cas, sont moins durs que la pierre.

    (Information aux aérodromeurs : entre le premier jet d’encre de ce texte et son achèvement, la dite veuve a respecté la sommation.)

    PS Le deuxième était une cabane de vigneron, à l’entrée de Varades, tombée en botte car personne hormis Flohic ne s’en souciait.

  16. Philippe Auteur de l’article

    Oui Jeanne, le livre est aussi un objet. Et la forme, les matières (du papier en premier lieu), la prise en main, le choix de la typographie, la qualité de l’icono peuvent tout changer. Je suis devenu exigeant avec le temps pour les textes que je souhaite conserver, sous l’influence de mon copain Claude, très attentif aux matières.
    Dans votre liste je retiens Tchou, entre autre créateur des célèbres guides noirs. Je découvre en consultant la fiche du personnage, Claude Tchou, qu’il est le fondateur du Club du livre du mois, qui avec le Club français du livre, ou le club des libraires de France proposait dans les années soixante des ouvrages de grande qualité, reliés toilés.
    Il existe encore, fort heureusement, quelques éditeurs qui soignent particulièrement leur travail. On peut, par exemple, citer les éditions Chandeigne http://editionschandeigne.fr/ pour les récits de voyage. Je possède un Magellan proprement somptueux, qui est en même temps à la pointe des travaux contemporains sur le navigateur. Il s’est carrément installé dans une petite bibiothèque du salon, parmi les invités privilégiés, mais je lui pardonne volontiers.
    A propos de bibliothèques les grands travaux se poursuivent, qui permettent évidemment d’exhumer des livres qui n’avaient pas donné signe de vie depuis un moment.

  17. jeanne

    Bonne idée de mettre en lumière un éditeur-disparu, mais dont les livres ,maintenant, s’arrachent, pour ainsi dire. Il doit y avoir de savantes études sur le sujet, je me contenterai de réflexions simples. Le livre de poche ? OK, la littérature à la portée de toutes les bourses; combien d’éditeurs, actuellement ,se risquent à publier des textes qui abordent de grands sujets,et qui nécessitent un travail de recherche important, et une présentation à la hauteur du sujet? on pense tout de suite livres d’art, donc livres de salon, ou livres pour bourses bien garnies. J’ai acheté plusieurs livres , publiés par Flohic, souvent pour les offrir parce que je savais à qui je les offrais. Si je pense aux livres publiés par des éditeurs disparus (ce qui ne veut pas dire morts ) et qui ont fait mon bonheur, je dirai Tchou, Robert Morel , les Célébrations ,irrésistibles, les couvertures incroyables, qui déclenchaient l’envie immédiate d’entrer à l’intérieur; Franco Maria Ricci; le livre sur la “domus aurea” de Néron, texte parfaitement juste, iconographie somptueuse. Je pense aux livres d’enfants, tous ceux qu’a publiés Nicole Maymat qui avait fondé sa maison d’édition à Moulins …..les livres d’ Ipomée, je les ai tous,des mises en pages d’une très grande recherche, des textes originaux. Un Frédéric Clément avec une couverture en soie bleue qui enveloppait entièrement le livre, il fallait pénétrer dans le mystère du texte.
    Je ne parle pas de livres de salons avec simplement une belle iconographie , ou de livres d’étrennes, mais de livres qui procèdent d’un projet éditorial; j’hésite ,en ce moment à acquérir un Van Gogh (seuil je crois) en 7 vol. tableaux en petits format,de V.G ou d’autres peintres, accompagnés des lettres de V.G, qui les commente; passionnant mais c’est la petite folie d’un grand éditeur…et la petite folie de l’acheteur…

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