de la résistance low cost

« Nddl c’est la résistance low-cost d’une gauche défaillante sur les vrais sujets ». Parfois la contrainte a du bon. Cette phrase, extraite du fil twitter consacré à Nddl résume en quelques mots judicieusement choisis l’étrange emballement auquel nous assistons dans la lutte délirante contre le transfert d’un équipement public. Ce diagnostic n’en mérite pas mois d’être explicité.

mache libre

Manif 27 février. Photo La Manche libre.

C’est une lutte low-cost en premier lieu dans son objet. Alors que de véritables problèmes se posent à la société – la question des réfugiés pour ne citer qu’elle, autrement plus sérieuse – des milliers de personnes sont capables de dépenser une énergie folle, de couvrir des centaines de kilomètres pour protester contre… un choix d’aménagement urbain, qui ne concerne que des nantis (agriculteurs compris dans ce cas de figure). Les militants anti-Nddl ont un vrai problème de hiérarchie des indignations.

manif 4Certes, répondront certains, mais il s’agit d’une lutte globale, contre un projet « climaticide ». On croit rêver, alors qu’à deux pas, à Nantes et Saint-Nazaire, on construit des centaines d’Airbus, comment peut-on se laisser bercer par la fable selon laquelle empêcher la construction d’un aéroport va jouer un rôle dans le développement du trafic aérien, qui est justement global ? Les avions iront tout simplement voler ailleurs.

moutonsLow-cost cette lutte l’est aussi dans sa forme. Pas très difficile de s’indigner contre des responsables politiques discrédités, aux abois, tétanisés à l’idée de prendre une décision. D’autant que cette lutte, cette « Résistance » est extrêmement généreuse en bonne conscience à peu de frais. Je lutte contre les méchants bétonneurs, les gros capitalistes, avec plein de copains. On est tous d’accords, c’est la teuf. La grégarité a un bénéfice psychologique patent, elle conforte le sentiment d’appartenance à un groupe. On a raison puisqu’on est nombreux.

Low-cost enfin sur les moyens. Une louche d’intimidation, une dose de bons sentiments, un brin d’approximation technique et des médias qui accourent comme des toutous. Que demande le peuple ? Rien de plus simple que de faire monter une mayonnaise quand on a les bons ingrédients. Ne soyons pas injuste, la gauche low-cost a au moins compris une chose : le fonctionnement de la Société du Spectacle.

NB  pour les habitués : je m’autorise à publier ce billet sur le fil général, parce que cette humeur dépasse me semble-t-il le cadre du dossier proprement dit.

7 réflexions au sujet de « de la résistance low cost »

  1. TO

    Merci pour cette magnifique illustration du low cost…
    S’il y en a un qui ne connaît pas le low cost, c’est bien Vinci : 15% de son CA réalisée grâce aux concessions, qui contribue à 60% de son résultat d’exploitation (source le monde).
    Tout est dit sur les motivation des uns et des autres.

  2. le polygraphe

    Il se trouve que j’ai déjà participé et même animé quelques débats sur le sujet, que j’y ai été confronté à différentes formes d’intimidation et à un irrespect des règles de base du débat démocratique (c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je mouille la chemise, je ne supporte pas l’intimidation, d’où quelle vienne). Donc, non merci, j’ai déjà donné. Au passage, je note votre expression “hargne méprisante” qui témoigne d’une verdeur dans l’expression qui n’a pas cours ici. Sur twitter si vous voulez, mais dans cet atelier les propos sont civils. Passons pour cette fois.
    L’explication est assez simple, nous sommes sortis du champ de la rationalité pour entrer dans une querelle idéologique, voire religieuse. Le refrain sur la Cop 21 est de ce point de vue assez révélateur. En quoi le déplacement d’un aéroport modifie-t-il la consommation des avions ? Pourquoi remettre en cause les gares en continuant à fabriquer des trains ?
    Mais bon, je ne vais pas relancer le débat aujourd’hui, j’ai du boulot. Je me contenterai dans les jours qui viennent d’exposer les arguments qui me semblent les plus pertinents. Cette histoire de zone humide par exemple, pas même répertoriée par la Dreal, une bonne blague (j’habite le secteur).
    il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre. Je préfère donc m’adresser à des gens de bonne foi, qui ne pratiquent pas a priori le procès d’intention, et ne se réfugient pas systématiquement derrière des arguments écologiques à courte vue.

  3. Philippe

    Je rêve d’un débat contradictoire sur le fond du dossier… Malheureusement les partisans du projet NDDL ne se bousculent pas pour un tel exercice. Chiche ! M. Dossal, seriez-vous prêt ? Ah, mais peut-être votre répugnance pour la société du spectacle vous interdira d’y participer ? Ce serait dommage, vous auriez là un bon moyen de nous démontrer la force de vos arguments face à l’indigence supposée de ceux des opposants . Ce sera juste un peu plus difficile que de répandre votre hargne méprisante comme vous le faites régulièrement ici.
    Allez je vous offre un petit paquet de bons sentiments, d’approximations techniques, d’intimidation… Voici des extraits d’une réunion récente à Saint-Herblain. 300 personnes, pas un article de presse pour l’annoncer, ni bien sûr pour en rendre compte. Tiens, cette fois, les médias n’ont pas couru comme des toutous… Trop fatigués peut-être après avoir complaisamment relaté la distribution à Redon d’un vieux tract mensonger par une dizaine de membres des Ailes pour l’Ouest. https://youtu.be/aQ0RK-nCNag

  4. Vanderquand

    C’est quand même simple de comprendre qu’un transfert est nécessaire ne serait ce que pour désenclaver toute une population écrasée par des survols continus pour permettre une évolution de l’offre volante parce que cela ne s’arrêtera pas sur la simple volonté de quelques uns simplement parce que le monde bouge évolue avance, il faut bien sûr tenir compte des évolutions techniques du changement mais tout stopper est une erreur la France doit avancer évoluer sans quoi le retard s’accumulerra sans permettre à notre pays de progresser c’est ça l’enjeu que veulent les opposants fermer tout supprimer régresser super programme quand même

  5. Philippe

    C’est votre interprétation Al Ceste. Je vous invite à jeter un oeil sur ce qu’en pensent les populations qui subissent le survol dans le feuilleton, et qui n’ont pas droit au chapitre. Ne se sentent-elles pas doublement méprisées ?
    Il n’est d’ailleurs pas certain que l’expression de la population recouvre l’opinion des plus bavards : http://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/notre-dame-des-landes/la-loire-atlantique-favorable-laeroport-de-notre-dame-des-landes-4070860

  6. R Robert

    Voilà des propos qui nous changent de la presse nationale et aussi de OF qui soutient les zadistes a longueur de pages sans réserve et sans analyse.
    bon courage. ..le feuilleton n’est pas prêt de se terminer. Souhaitons que ce soit sans dégâts humains

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