Archives de catégorie : Humeurs

Le grand retour du contrôle social

Le bénéfice d’une vie privée placée à l’abri du regard du voisin n’aura finalement duré qu’un petit demi-siècle, grosso modo la seconde moitié du XXème. Juste une petite fenêtre de l’Histoire, entre le contrôle social millénaire opéré par la famille, la tribu, le coiffeur ou le curé, durant laquelle tout le monde savait à peu près tout sur tout le monde, et le contrôle social virtuel qui est en train d’enfoncer les barrières érigées par la reconnaissance d’un droit à la protection de la vie privée.

illustration : ukhumanrigthsblog

C’est une donnée nouvelle que nous n’avons pas encore totalement intégré. Sans doute parce que pour l’heure, ce sont principalement des personnalités publiques qui en font les frais (validant au passage la sentence de Montaigne « Plus un singe monte haut, plus on voit son derrière »). Mais personne ou presque n’est désormais à l’abri, pas même celles et ceux qui se gardent de s’épancher sur la toile. Aujourd’hui le système de reconnaissance faciale de facebook est capable d’identifier quelqu’un qui n’a pas de compte, qui n’a jamais mis les pieds sur le réseau. Certaines démarches étant désormais obligatoires en ligne, tout le monde ou presque est exposé.

Le problème du moment est, me semble-t-il, que nous ne sommes pas psychologiquement outillés pour réagir avec sérénité face aux dérapages ou pseudos dérapages qui sont exposés sans filtre sur la place publique. Le contrôle social passé avait généré un système de temporisation, de médiation, qui permettait, au besoin, d’amortir les chocs, de contextualiser, de relativiser. Les déclarations stupides d’un ado, un larcin, une relation adultère… disons les écarts à la morale dominante faisaient l’objet d’un traitement à leur mesure. Les crimes et les délits étaient traités par la justice.

Tous ces filtres, toutes ces protections ont sauté avec la rapidité des échanges, leur viralité et surtout l’absence de modération sur la planète numérique. Tout un chacun peut se retrouver exposé, à son corps défendant, sur les écrans de la terre entière sans avoir eu le temps de réaliser ce qui lui arrive. Sur l’autre versant, tout un chacun peut formuler des jugements définitifs sur le comportement réel ou supposé de tel ou tel contemporain, le calomnier sans état d’âme au nom de sa propre lecture de la morale ou de la justice. Entre le tweet et le tribunal plus de milieu, plus de temporisation. Il va falloir nous y habituer avant qu’une nouvelle forme de pondération voie le jour. Et adapter progressivement notre logiciel mental. Ce n’est pas gagné.

NDDL : les paysans tentent de congédier leurs mercenaires

« Le tissu social est déchiré pour quarante ans » relevait en 2012 le conseiller général de Notre-Dame-des-Landes lors de la tentative d’évacuation du site. C’était sans doute un peu exagéré, mais il était évident que, quel que soit le scénario de sortie de crise, les choses n’allaient pas se régler d’un coup de baguette magique. Le refus de libérer la RD281 par les zadistes les plus radicaux, qui ont fait office pendant des années de bras armé de la contestation en témoigne s’il était besoin.

illustration Frap, by courtesy

Et il est difficile de les accabler, ces braves anars, qui n’ont jamais caché leur motivation « Non à l’aéroport et à son monde » ni nié le recours à l’intimidation et à la violence et comme moyen de lutte. Leur soutien guerrier lors des manifestations contestant le projet a été, sans nul doute déterminant pour faire reculer le pouvoir, tétanisé par la peur de provoquer un drame. Ces zadistes,  venus parfois de très loin, se sont donc installés sur les lieux, enchantés de disposer d’un terrain de jeu échappant à tout contrôle, de coloniser un El Dorado où la notion de propriété avait totalement disparu.

Et voilà qu’aujourd’hui les opposants fréquentables, agriculteurs conventionnels et gentils écolos, considérant qu’ils ont obtenu gain de cause, négocient avec l’Etat pour enclencher un retour à la normale. Il est désormais l’heure, à leurs yeux, de procéder à la répartition de ces terres si âprement défendues entre gens de bonne compagnie. Chacun devant faire un pas pour sortir de cette crise interminable.

« Tot tot » leur répondent les anars, il n’est pas question de dégager, nous sommes ici chez nous et il faudra nous déloger par la force des baïonnettes. Les négociations entamées depuis l’annonce de l’abandon du projet ont subi échec sur échec. Les zadistes s’accrochent à leur route comme des berniques à leur rocher. Ils ont, qui plus est, un discours articulé et cohérent : http://zad.nadir.org/spip.php?article5106

C’est ce qu’ont sans doute sous-estimé les opposants historiques, en premier lieu l’Acipa, se disant qu’ils se débrouilleraient bien le moment venu pour se débarrasser de ces mercenaires, de les reconduire gentiment aux frontières de la Zad. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à s’appuyer, sans état d’âme apparent, sur la maréchaussée comme le rapporte Ouest-France du 3 février (p 4) « Si ces anars continuent, il faudra en passer par une journée de gaz lacrimogènes. Les tracteurs ne protègeront pas cette bande là ».

Pas certain que cela suffise. Il est possible qu’on ne fasse pas impunément appel à la violence sans qu’elle ne se retourne un jour ou l’autre contre ses commanditaires. C’est la loi du genre. Les opposants se divisent désormais en deux camps clairement distincts. Les « non à l’aéroport » et les « non à son monde ». Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. La manifestation nationale du 10 février pour fêter la victoire sera intéressante à observer de ce point de vue. La préfète doit être bien embarrassée. Doit-elle faire donner la troupe pour tenter de nettoyer le terrain avant la ruée. Ou préfèrera-t-elle laisser les zadistes laver leur linge sale en famille, au risque de voir les irréductibles renforcés par des troupes fraîches ? La saison 3 ne fait peut-être que commencer.

 

 

Changer de moteur

J’ai pris la mesure de la puissance de notre instinct grégaire lors de ma seule (et mémorable) expérience de commerçant, durant six ans, comme bouquiniste. J’ai alors compris à quel point le fait de créer, puis de respecter les habitudes des clients est capital pour faire des affaires. Donner des lieux, des points de repères, des marques, des jours, des chemins tracés est au moins aussi important que la qualité de la marchandise (la came diraient mes amis) proposée.

C’est pour cela que l’on revend des fonds de commerce, des clientèles, toutes choses immatérielles, ce qui pourrait paraître idiot. En fait on vend des habitudes. De la même façon nous pouvons nous interroger sur notre fidélité à telle marque, telle boutique, alors qu’elles ont maintes et maintes fois changé de main, parfois radicalement modifié leur philosophie.

Notre façon de naviguer sur internet n’échappe pas à cette logique de chemins tracés, de sites habituels, de rituels quotidiens. Je connaissais ainsi depuis belle lurette le moteur de recherche Qwant, plein de qualités, de conception française, ne traçant pas ses utilisateurs, je l’avais essayé mais j’en restais à mon bon vieux google. Essentiellement par fainéantise.

Une annonce vient opportunément de me rafraîchir la mémoire et j’ai décidé de l’utiliser avec l’un des deux navigateurs que j’utilise régulièrement (en l’occurrence firefox). Et pour me contraindre à modifier mes habitudes, j’ai gravé Qwant dans le marbre de la barre de favoris après avoir viré google. L’idée n’est pas ici de faire de la pub pour un moteur plutôt qu’un autre, mais de témoigner du fait qu’un éclair d’énergie passagère peut parfois nous désengluer du marais de redoutables habitudes contre lesquelles nous pestons régulièrement.

Bonne semaine

avant l’obsolescence programmée

Il y avait une vie avant l’obsolescence programmée. Je viens d’en avoir la délicieuse confirmation en recomposant une chaîne haute fidélité des années soixante dix, qui me ravit chaque matin en autorisant un réglage ultra-précis de la radio grâce au tuner à aiguilles, et en permanence grâce à la rondeur et la clarté du son délivrée par l’ampli.  Les colonnes Cabasse y sont certes pour quelque chose mais le précédent matériel, pourtant griffé de marques prestigieuses (Marantz, Technics), ne permettait pas d’obtenir l’incomparable moëleux de ces vieux clous et surtout ne dissociait quasiment pas la stéréo.

C’est tout à fait par hasard que j’ai acquis au cours de l’été le tuner Kenwood à aiguilles, sur un vide-grenier. 5€, le risque n’était pas très grand et le vendeur était affirmatif et convaincant : il fonctionnait, selon lui, parfaitement, ce qui s’est vérifié de façon spectaculaire. Je ne supportais plus le tuner électronique précédent qui ne comprenait pas l’extrême sensibilité de la modulation de fréquence (FM) et les incidences de la météo. Seul l’aiguille d’un bon vieux vu-mètre permet d’opérer un réglage au petit poil. Restait ensuite à trouver un ampli à la hauteur du tuner. Celui en service, noir comme la nuit, aux commandes illisibles, n’avait plus de balance et de grosses faiblesses sur un des canaux.

Les dieux étaient de bonne humeur cet été puisqu’ils m’ont permis de découvrir, quelques jours plus tard, une boutique extraordinaire, près de l’ancienne prison de Nantes, justement spécialisée dans la réparation et la revente de matériels “vintage” comme on dit maintenant “Comme à la radio”. Il ne m’a pas fallu longtemps pour trouver mon bonheur dans cette caverne bourrée de madeleines métalliques pour les garçons de mon âge. Le vendeur, un fêlé de matériel de l’époque, et forcément de disques vinyles, a eu la gentillesse d’ouvrir la bête, pour me montrer l’état des composants et leur passer un petit coup de bombe, état nickel chrome malgré les quarante ans d’âge de l’objet.

Ne me reste plus maintenant qu’à retrouver une platine et remettre en circuit la paquet de vinyles qui dort au grenier. Ce sera pour une prochaine fois. Bonne semaine.

L’heure de la rentrée

L’un des habits qu’il me faut endosser cette année pour la rentrée est celui de correspondant local du quotidien Ouest-France. C’est assez plaisant, plutôt sympa et pas trop compliqué, mais cela demande toutefois de conjuguer des exercices forts différents, entre le décryptage des politiques publiques pour le lecteur averti et pointilleux de Courriercab, une dose rituelle de bons vieux clichés pour quelque grand magazine parisien et la chronique de la rentrée scolaire pour la locale du journal.

Mais c’est somme toute assez complémentaire. On est plus affûté avec le cabinet d’un ministère quand on peut le titiller sur les retombées concrètes des mesures concoctées dans un bureau aveugle. La géographie n’est pas la même sur une carte – lorsque l’on décide par exemple que la responsabilité de l’eau sera confiée aux intercommunalités – et dans la vraie vie, où le débit de l’eau se moque des frontières administratives mais son conforme au relief, aux bassins versants. Toutes choses auquelles il est parfois difficile de penser depuis Paris et qui font souvent enrager les responsables de collectivités. Mais passons.

Le grand bénéfice (et la grande responsabilité parce que c’est à double tranchant) du statut de correspondant du journal est celui d’être subitement élevé au rang de notable. Rien à voir avec celui d’obscur journaliste pour la presse nationale ou d’auteur de bouquins. D’intello un peu excentrique. Votre regard sur l’environnement prend désormais une toute autre valeur. Il acquiert une sorte de pouvoir symbolique qui l’autorise, croit-on, à juger ce qui a un intérêt et ce qui n’en a pas. C’est évidemment un leurre parce que les contraintes sont multiples, de forme comme de fond, et qu’on ne décide pas de grand chose au bout du compte.

Cette semaine par exemple c’est la rentrée scolaire et la préparation de les journées du patrimoine. Autant de bons vieux marroniers. Mais mine de rien, je vais pouvoir vérifier sur le terrain si cette histoire de 12 élèves par classse en CP se vérifie. Il faut que je me dépêche mon cartable n’est pas prêt. Bonne semaine.

La Maison du Port ne meurt jamais

Les exigences de la modernité avaient contraint, l’été dernier, la Maison du Port de Lavau-sur-Loire à cesser de servir crêpes et galettes, l’administration française considérant que les spécifications techniques propres à ce genre d’établissement n’étaient pas respectées. Cela ne signifiait pas une condamnation à mort de cette improbable maison plantée au milieu de nulle part en bordure des derniers espaces sauvages de l’estuaire de la Loire, mais cela y ressemblait un peu.

Yseult, la créatrice et propriétaire du lieu a procédé cet hiver à un certain nombre d’aménagements qui glacent l’ambiance dans sa cuisine mais lui permetent de relancer ses billigs*. La carte est certes beaucoup plus restreinte – il faudra se contenter des grands classiques (oeuf jambon fromage, chocolat ou caramel) – mais l’essentiel est préservé : la Maison du port sera ouverte tout l’été. Et propose naurellement un grand choix de livres d’occasion qui font le charme et la singularité de ce lieu où la restauration est lente et les cartes de crédit inutiles.

La maison du port est ouverte les vendredi, samedi, dimanche et jours fériés durant tout l’été. Parfois aussi parce qu’il fait tout simplement beau. Il est judicieux de s’assurer de l’ouverture au 02 40 34 61 73. Le détour par Lavau-sur-Loire (à hauteur de Savenay entre Nantes et Saint-Nazaire) est forcément une bonne idée lorsqu’il y a un rayon de soleil, d’autant que l’observatoire de Tadashi Kawamata, qui permet d’embrasser un panorama exceptionnel au coude de l’estuaire, a lui aussi été restauré.

La photo de la Maison m’a été aimablement fournie par Yseult. La petite animation s’est téléchargée toute seule sur le site d’Estuaire. Les photos sont signées.

*Doit-on écrire billig, billigs ou billigou ? Les bretonnants sont autorisés à donner leur avis.

 

 

 

La carabine à “du coup”

J’avais l’intention, cette semaine, de sortir ma carabine à « du coup » lors de la conférence de rédaction quotidienne du journal du festival des 3 Continents, réalisé par les étudiants de l’université de Nantes. Mais j’y ai renoncé dès le premier jour, tant la tâche s’est révélée ambitieuse et, pour tout dire, irréalisable. L’affaire aurait tourné à la pétarade ou au carnage, ce qui n’était pas le but de l’opération.

Il semble en effet que pas une phrase ne puisse aujourd’hui être prononcée en public sans un salvateur « du coup ». « Du coup, on a choisi tel sujet… Du coup on a refait le montage… Du coup la critique passera sur le web… » Bref, sans « du coup » point de salut. La malheureux « pas de souci » qui a cannibalisé les conversations pendant plusieurs années peut aller se rhabiller. Il est sera bientôt relégué au rang de curiosité linguistique de tic de langage ringard et désuet.

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Le problème, comme le relève Claudine Chollet dans une excellente chronique intitulée « Tordons le cou à l’expression du coup » est que « du coup » est un syllogisme qui se prévaut de l’accord implicite de l’interlocuteur. Exemple : ces articles étaient en solde, du coup j’en ai pris trois. L’expression, note-t-elle, permet de faire l’économie d’un raisonnement, et de se prévaloir d’une légitimité à penser et à agir.

Du coup, je vois des du coup partout. Dans la bouche de mes proches, à la ville, au téléphone et – horreur, malheur –  j’en surprends à sortir de mon propre gosier. Je ne sais pas s’il existe des études sérieuses sur les tics de langage qui occupent ainsi la sphère de l’échange oral pendant quelques années, vont, viennent, disparaissent ou mutent. Mais, du coup, celui-ci me semble justifier une attention particulière, comme c’est le cas pour les plantes invasives qui colonisent l’espace et menacent la végétation indigène.

Feuillet d’automne

L’arrière-saison se dilate chaque année un peu plus. Début novembre, les feuilles se décident à tomber doucement, et le surplus de bois qui refuse d’entrer dans le bûcher se réchauffe tranquillement au soleil durant la journée. On peut donc fendre et couper les bûches à mesure.

louis-xivLa campagne a toutefois quelques inconvénients : “La mort de Louis XIV”, n’est pas donnée dans le cinéma le plus proche  – même si nous avons désormais un petit multiplexe à Savenay – Il faudra donc courir à Nantes, pas avant la fin de la semaine. Les commentaires d’éventuels premiers spectateurs sont les bienvenus.

Quelques Bordelais bien intentionnés ont déposé, à la faveur des vacances scolaires, les documents de présentation autourdelexpo_11de l’exposition Montaigne Superstar, actuellement en place autour de l’exemplaire de Bordeaux.  Pour être honnête, cette présentation qui se veut décalée et ludique m’inspire assez peu.  Uen carte postale donnée avec le programme attire toutefois l’attention. au dessus du portrait de Montaigne, on lit la mention #premierblogueur.

Le parallèle n’est pas complètement idiot, si l’on se souvient que Les Essais étaient écrits au jour le jour, sans souci de cohérence, selon l’inspiration du moment.  Des billets d’humeur en quelque sorte, nourris par l’expérience et prolongés par la réflexion des Anciens. Même si, évidemment, peu de blogueurs peuvent revendiquer la hauteur de vue et la profondeur de champ du Gascon. Et il n’est pas certain que beaucoup de textes tiennent encore debout dans un demi-millénaire, comme c’est le cas pour les Essais.

Côté lecture, la boussole du moment reste Le Ciel & la Carte  d’Alain Borer qui ne cesse de renvoyer à d’autre textes, telle L‘Histoire universelle des explorations, quatre précieux volumes que les étagères du bureau ont la bonne idée de porter. Ce qui permet de prendre un peu de vent des mers du Sud, quand le narrateur tourne un peu trop en rond dans sa cabine.

Bonne semaine

 

Une rentrée de papier

Si l’ordinateur remplace avantageusement  la machine à écrire – nous n’en disconviendrons pas – le stylo et le papier n’en restent pas moins des outils nécessaires aux forçats de l’écriture. Les jeunes gens qui enregistrent un entretien d’une heure sur un smartphone ont tôt fait de comprendre que rien ne remplace une bonne prise de notes. Et l’on est autorisé à sourire lorsqu’un ami annonce avoir perdu l’ensemble de ses contacts, engloutis corps et biens dans le naufrage d’un téléphone ou d’un micro-ordinateur, faute de disposer d’un bon vieux carnet d’adresses. J’adore les moments où il faut renouveler la panoplie et se doter de nouveaux outils pour l’année à venir. La mise à contribution de quelques boutiques indiennes aura décuplé le plaisir cette année. Petite revue de détail.

rentrée

Il y a pour commencer le cahier du dehors, sur la gauche de la photo. Un cahier anglais, solide, bien relié et payé assez cher confessons-le, destiné à la prise de notes lors de rendez-vous extérieurs. Un cahier un peu habillé, pour sortir en ville. Au centre, une super trouvaille, débusquée dans une minuscule papeterie de Guruvayoor : un note book fabriqué en Inde, solide, également, ligné mais non daté. C’est le pense-bête où s’inscrivent chaque matin les tâches à effectuer dans la journée, où quelques idées sont notées à la volée.

Les idées plus construites, les projets, les notes appelées à être retrouvées plus facilement sont elles destinées au cahier qui se tient debout. C’est l’acquisition majeure de cette rentrée, un superbe cahier relié toilé, divisé en cinq parties séparées par des intercalaires colorés, lui aussi débusqué en Inde pour quelques roupies. La principale difficulté lorsque l’on conduit plusieurs chantiers de front est de ne pas retrouver ses petits lorsqu’on les recherche. Entre le programme du festival des 3 continents, la préparation d’un débat sur la mobilité connectée ou l’implantation d’une fnac à Saint-Nazaire, il vaut mieux éviter la confusion. Entre deux s’est discrètement glissé l’agenda de la pléiade, avec son répertoire amovible que l’on récupère chaque année. Pas de commentaire, c’est le classique des classiques avec sa reliure de cuir qui s’assouplit au fil de l’an.

Magnifique trouvaille aussi que celle des stylos billes indiens placés au centre (la plume est exclusivement attachée au bureau, Waterman n’oublions pas). Ce sont des genres de Bic qui auraient été croisés avec des feutres à pointe fine. D’un confort d’écriture absolu pour un prix dérisoire… moins d’un euro les dix, j’en ai pris deux pochettes étant un incorrigible paumeur de stylos devant l’éternel.

Enfin, le bricolage de l’année pour les prises de notes lors d’entretiens au téléphone, grandes consommatrices de papier. C’est le rayon recyclage du dispositif. Sur un support de bloc acquis à, Barcelone (en cuir, un petit peu chic c’est vrai), je recycle les feuilles imprimées sur une face, stockées dans un tiroir du bureau, je les coupe en deux et les relie avec une barrette servant à solidariser les dossiers. Il suffit de renouveler le blocs toutes les semaines. C’est du papier recyclé gratuit, qui n’a pas vocation à être conservé.

Notons enfin le dernier petit carnet, indien lui aussi, dévolu aux notes de lecture. Lesquelles se retrouvent parfois reportées ici. Pour l’heure il y a un peu de travail : la biographie de Levi-Strauss par Emmanuelle Loyer est passionnante, mais quel pavé.

Bonne semaine